Test Ion Fury - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Développeur
Voidpoint
Genre
Jeu de tir à la premième personne (FPS)
Statut
Disponible
Date de sortie
  14.05.2020
Nombre de joueurs
1
Prix de lancement
24,99 €

En annonçant leur nouveau jeu sous le nom d’Ion Maiden, les petits gars de chez 3D Realms ce sont retrouvés au tribunal, attaqués en justice par l’avocat du groupe d’Heavy Metal qu’on ne présente plus : Iron Maiden. Le titre du jeu se rapprochait trop du nom du groupe (encore une histoire de gros chèque…). Finalement il a été rebaptisé Ion Fury (rien à voir avec Nick...). C’est un FPS, et pas n’importe quel style de FPS, le « FPS à Papa » ! Ce genre avait su s’imposer à l’époque avec classe grâce à des titres comme Wolf 3D, DOOM, Quake et bien évidemment Duke Nukem 3D ! Ce dernier avait réussi à s’imposer et à devenir THE référence. Pourquoi ? Car les développeurs de chez 3D Realms avaient innové avec un système 3D et un moteur graphique complètement barge pour les années 90, le Build Engine ! Bien sûr, ce qui a fait le succès de Duke Nukem 3D, c’est son personnage principal et son humour ultra beauf. Revenons-en à nos moutons… Cette fois 3D Realms édite Ion Fury, laissant le développement à Voidpoint LLC. Plus de 20 ans après, le Build Engine est toujours de la partie. C’est limite un pari fou de ressortir un moteur graphique aussi vieux, sachant que la technique est devenue un point important à l’heure actuelle ! Place à Shelly BombShell, une héroïne ultra badass déjà aperçuz dans le jeu BombShell (logique, n’est-ce pas ?), qui a un compte à régler avec son plus vieil ennemi, le Docteur Jadus Heskel ! Neuf mois après son arrivée sur PC, le titre débarque sur nos consoles comme étant le digne successeur de Duke Nukem 3D… Mais est-ce le cas ?

Ça sent bon le rétro !



Une fois le jeu lancé, la nostalgie refait surface et il est vraiment agréable de revoir le Build Engine tourner sur nos consoles actuelles. Voidpoint LLC a bien géré cet aspect en utilisant l’eDuke32 (un fork du Build Engine). Tout a été fait « à la main », l’environnement fourmille de détails, et on a plaisir à voir le travail réalisé sur l’animation et les interactions avec certains éléments du décor. Comme pour Duke Nukem 3D, certains objets sont en voxel, c’est-à-dire que si vous tournez autour de certains objets, notamment les chaises, vous ne les verrez pas « plat » mais en 3D. Côté effets de lumière, explosions, bref côté effets spéciaux, 23 ans plus tard, le moteur reste bluffant. Les développeurs ont fait preuve d’ingéniosité en utilisant plusieurs palettes de couleurs pour que le rendu visuel soit crédible ! Mais ce n’est pas tout puisque la physique a été plus poussée. Par exemple, si un objet se trouve en hauteur, rien ne vous empêche de déplacer une chaise ou un carton afin de justement gagner en hauteur. Ce n’est que du détail mais c’est parfois utile. Chapeau bas à Voidpoint LCC qui a réussi à redonner vie au Build Engine, tout en innovant. Ce sont des génies du Pixel Art !

Parlons maintenant du level design et là encore le soft ne fait pas dans la demi-mesure. Il y a beaucoup de possibilités de déplacements, tout comme dans Duke Nukem 3D ou un Doom, le level design utilise toujours l’aspect labyrinthique, il n’y a pas qu’un chemin à parcourir en ligne droite, des raccourcis peuvent être trouvés, vous permettant au passage d’esquiver des ennemis ou de les prendre à revers ! La chose la plus incroyable que nous avons pu constater, c’est que tous les niveaux du même « monde » sont tout simplement reliés les uns avec les autres, et cela sans chargement, ce qui veut dire que rien ne vous empêche de revenir sur vos pas pour aller chercher des munitions, de la santé ou trouver tout simplement des secrets… et autant vous dire qu’il y en a un paquet ! Malheureusement, certaines zones sont vraiment trop grandes et il nous est arrivé d’avoir une petite lassitude car celles-ci trainaient un peu en longueur. Du côté de la direction artistique, nous vous rassurons de suite, le jeu n’est pas un vulgaire copié-collé de Duke Nukem 3D, Ion Fury a son propre univers utilisant un côté style « Rétro/Punk » qui lui va à ravir. Il en va de même pour le character design des ennemis qui ont tous un côté voyou-robot, des armes à feu mélangeant le réel et le futuriste, de l’environnement très « sale » dans le sens où vous visitez des ruelles délabrées, des immeubles en flammes, un poste de police complètement laissé à l’abandon et bien évidemment des lieux où la ferraille est bien présente. Il en va de même pour le sound design qui est majoritairement en parfaite harmonie avec le soft. La musique a été composée par Jarkko Rotstén. Les soundtracks électro synthawe Il y a du très bon, comme la musique du thème principal et plein d’autres au fil de l’aventure… Mais il y a aussi quelques musiques qui sont moins en accord avec l’action ou qui restent trop simplistes. L’effet yoyo est un poil déstabilisant ! Du côté du doublage, il n’y a pas de VF mais la VO reste correcte et est accompagnée de sous-titres dans la langue de Molière.

Le « FPS à papa maman

Les habitués du genre ne seront pas surpris par ce qui va suivre, mais autant prévenir les nouveaux venus : ne vous attendez pas à avoir un scénario de « qualité », car il n’y en a tout simplement pas ! Nous sommes mauvaises langues, vous trouverez trois images dans lesquelles on aperçoit des méchants débarquer en ville et semer la zizanie, le tout sous la surveillance du Dr Jadus Heskel. Un gros plan sur les fesses et le flingue de l’héroïne plus tard (ce n’est pas une blague) et c’est parti pour enchaîner sur le premier niveau ! Une petite explication s’impose… A l’époque, le genre du « FPS à papa » et les jeux du style n’avaient pas de scénario, ils abordaient juste un prétexte pour inviter à zigouiller du méchant à tout va. Par exemple, dans Duke Nukem 3D, le scénario reposait sur un : « Ces enfoirés d’aliens vont payer pour avoir ruiné ma caisse ! ». Ce n’est pas subtil mais c’est ce qui était charmant, comme dans le reboot de DOOM (2016) dans lequel on voyait le DoomSlayer mettre une grosse patate dans l’écran de didacticiel ! Ce n’est donc pas un défaut à nos yeux. Du côté de l’héroïne nous avons plutôt bien accroché à son design et à son caractère rappelant fortement celui de Duke. Honnêtement, c’est plaisant de voir un tel profil aussi badass. Par contre Shelly a bien moins de lignes de dialogues que son homologue masculin, ce qui est dommage. Elle aurait clairement pu envoyer de la punchline à tout va…

Du côté du gameplay, le jeu est un digne successeur de Duke Nukem. Ca tire dans tous les sens, il y a beaucoup de méchants à zigouiller, il fait trouver les fameuses clés bleues, jaunes et rouges qu’on ne présente plus pour avancer dans les niveaux. Dans l’ensemble c’est nerveux et efficace ! De plus il y a désormais une zone de localisation des dégâts. Si vous visez les jambes d’un ennemi lambda, celui-ci sera juste blessé. Si vous lui explosez la tête à coups de revolver, vous comprendrez que celui-ci ne reviendra pas de sitôt ! Il en va de même pour les ennemis « mécaniques » qui ont tous un point faible (à trouver, comme dans DOOM Eternal). Du côté du bestiaire, il est plutôt bien fourni sans être innovant. Cela passe par les araignées robotisées, les hommes de main armés de fusils à pompe ou d’arbalètes, des mille- pattes qui balancent de l’acide, des zombies, etc. Bien sûr, il y a aussi les boss ! Oh bordel, accrochez-vous à votre slip (pardonnez-nous la familiarité) mais qu’ils sont coriaces ! Le soft ne fait pas dans la dentelle et il est plutôt exigeant. Ne vous attendez pas à une balade de santé, même en mode normal. Ici, vos nerfs seront mis à rude épreuve ! N’hésitez pas à utiliser la sauvegarde manuelle !

S’il y a un reproche à émettre, c’est assurément l’arsenal qui reste très limité avec une matraque électrique efficace contre les petits ennemis, un revolver qui nous a particulièrement plu grâce à son système d’auto lock permettant de viser six ennemis à la fois et de tirer comme John Wayne, un fusil à pompe qui manque un tout petit peu de punch mais qui peut aussi se transformer en lance-grenades, une arbalète qui peut tirer plusieurs flèches, un Uzi, la classique Machinegun et les grenades boules de billard, notre petit coup de cœur. Ces dernières, une fois lancées, traquent les cibles ! En plus, on acquière la totalité des armes dès les deux premières heures de jeu… En parlant d’heures de jeu, le soft a un très bon rapport qualité/prix. Il y a un total de 7 mondes divisés par 4, voire 5 sous-chapitres, ainsi que des niveaux secrets à découvrir et en bonus trois modes de jeu supplémentaires : un niveau que vous devez finir uniquement à la grenade, un speedrun du premier monde à faire et un dernier plutôt classique dans sa formule mais rigolo demandant de survivre le plus longtemps possible armé de la fameuse Machinegun avec des munitions illimitées ! Rajoutez à cela les nombreux secrets à trouver et vous en aurez pour votre argent. Il faut entre dix et quinze heures pour faire l’ensemble de la campagne et les missions bonus. Pour un peu plus d’une vingtaine d’euros, c’est vraiment honnête.

Furieux problèmes…

Jusque-là vous vous dites que le jeu frôle quasiment la perfection, sauf qu’il y a deux éléments que nous n’avons pas cités dans cette critique et qui sont pourtant déterminants… Premièrement, le jeu subit des chutes de frame rate lorsqu’il y a beaucoup d’ennemis à l’écran ou lorsque les explosions s’enchainent. Dans un jeu de ce genre, cela peut ruiner le gameplay puisque tout se joue rapidement, en sachant que la moindre erreur peut être fatale. Que ce soit sur One, One S ou One X, le résultat est le même, ça rame ! Après avoir mené notre petite enquête nous pensons avoir trouvé la source du problème : le jeu sur PC tourne à merveille en 720p et 30 FPS. Sur nos consoles, les développeurs ont tenté le 1080p en 60fps, qui n’est clairement pas optimisé. Nous pensons que le Build Engine n’est pas fait pour tourner avec cette configuration. Hélas ce n’est pas le seul problème rencontré. Le plus gros souci, ça reste les freezes ! Dès le premier boss du jeu, nous n’avons pas subi un, deux ou trois freezes mais douze ! Impossible d’avancer dans le jeu pendant plusieurs heures ! A force de persévérer, et nous ne savons pas par quel miracle, nous avons pu terminer Ion Fury, les freezes s’étant « calmés ». Cela ne vient pas de nos consoles, le résultat étant identique sur One, One S et One X mais bien de certains passages, les freezes arrivant lors de l’arrivée dans certaines zones. Autant vous dire que les développeurs ont intérêt à vite se bouger en sortant un patch, sinon la frustration va vite se faire ressentir !

Point complet
Ion Fury prouve que le moteur Build Engine en a encore dans le ventre, et ce même s’il a plus de 23 ans ! Cela prouve aussi que les « FPS à papa » ont encore la cote de nos jours, ravivant la flamme des plus nostalgiques d’entre nous ! Le soft arrive à être le digne successeur de Duke Nukem 3D tout en imposant sa D.A. et son univers. Cerise sur le gâteau, nous incarnons une femme assez badass malgré des lignes de dialogue limitées. La durée de vie reste agréable, encore plus en visant le 100% et pour un prix aussi abordable. Le soft se veut exigeant, ce qui est une bonne chose. Du côté de la bande sonore, nous sommes plutôt mitigés, celle-ci étant inégale dans son ensemble. L’arsenal reste également limité et certains niveaux traînent en longueur, mais les deux défauts les plus dérangeants, ce sont assurément les chutes de frame rate régulières et les freezes à répétition qui nuisent grandement à l’expérience de jeu. Il faut absolument que les développeurs sortent un patch car à l’heure actuelle, on ne peut vraiment vous conseiller le jeu, alors qu’il a plein de gros atouts à faire valoir, à commencer par le fun qu’il procure ou son level design plus que remarquable. Dommage, en ajustant la technique, ça deviendrait un super jeu. En l’état, la technique nuit à l’expérience, éclipsant une bonne partie des bonnes impressions.

On a adoré :
La DA Retro/Punk
Bordel, c’est dur !
Bonne durée de vie
Prix doux (25€)
Level design de qualité
Build Engine plus en forme que jamais
Des secrets à foison
Super Duke Nukem-like au féminin
La grenade « Bowling »
Certaines musiques géniales…
On n'a pas aimé :
Et d’autres oubliables
Trop peu d’armes
Humour discret, peu de dialogues
Traîne parfois en longueur
Le frame rate (sur toutes les One)
12 freezes à la file, du jamais vu !


Consulter les commentaires Article publié le 17/05/2020 par Yoann L.



 
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