Test Gray Matter - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
connect�, 41 459 membres  |  Se connecter  -  S'inscrire 
 
 

Gray Matter



Développeur
Wizarbox
Distributeur
KOCH Media France
Genre
Aventure
Statut
Disponible
Date de sortie
  02.12.2010
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI

Depuis un certain temps, les point & click ont de nouveau la cote sur consoles de salon. On l’a vu avec le retour de Sam & Max et de Monkey Island sur le Live, mais également de Jack the ripper au format boite. Le genre vit actuellement une nouvelle jeunesse. DTP Entertainment et Wizarbox ont choisi d’aller encore plus loin en allant rechercher une vieille légende de l’histoire vidéoludique, Jane Jensen. Pour ceux qui ne la connaissent pas, précisons qu’il s’agit de la dame derrière la trilogie Gabriel Knight, adulée par les vieux de la vieille sur PC. Avec une telle artiste aux commandes, on ne pouvait que s’impatienter à l’idée de toucher à sa nouvelle création et de découvrir un scénario qui s’annonçait déjà haletant…

Une totale réussite…




Game designer sur Gabriel Knight, Jane Jensen ne s’était plus intéressée au jeu vidéo depuis quelques temps maintenant, raison pour laquelle son retour sur le devant de la scène était plutôt attendu de pied ferme par sa communauté de fans. C’est désormais chose faite avec Gray Matter, une production plutôt ambitieuse qui s’avère avant tout être une nouvelle licence. Pour l’occasion, les développeurs ainsi que Jane Jensen ont changé un tout autre contexte puisque l’action se déroule cette fois dans un Oxford gothique inquiétant. D’entrée de jeu, l’ambiance est posée avec des graphismes plutôt sombres, une esthétique léchée et surtout des cinématiques sous forme de bande dessinées partiellement animées qui s’incorporent merveilleusement bien à l’histoire. Tout débute donc avec l’arrivée de Samantha Everett, une jeune magicienne qui va servir de nouvelle assistante au professeur Styles. Petit à petit, l’ambiance se pose et le voile se lève sur les différents personnages, à la psychologie parfois compliquée. On découvre le but premier de l’expérience du professeur Styles, qui n’est autre que de mener des expériences psychologiques sur six cobayes humains. Bien entendu, tout ne se passe pas comme prévu et la situation se complique très rapidement, sombrant peu à peu dans le paranormal.

L’aventure s’avère globalement d’une durée très correcte. Il faut compter en effet entre dix et quinze heures pour venir à bout du solo. Le scénario du jeu est vraiment très bien mené et l’histoire se laisse parcourir avec plaisir. On regrette pourtant que la rejouabilité ne soit pas très grande dans la mesure où le soft demeure malheureusement très linéaire. Vu que l’ensemble n’est pas bien compliqué, on avance en ligne droite en n’étant bloqué que très rarement. Point & click oblige, le joueur se contente généralement de déplacer la belle magicienne et de repérer des objets qui pourraient être utiles à sa progression. Ceux-ci sont ensuite utilisés ensemble ou séparément pour résoudre diverses énigmes, globalement pas très compliquées mais toujours intéressantes. Très classique dans son approche du genre, Gray Matter n’en demeure pas moins maîtrisé, malgré un menu un peu lent à utiliser et des touches pas évidentes à mémoriser. Mais c’est un peu le genre qui veut ça… surtout sur console. De plus, il faut reconnaître que le menu radial était sans doute la meilleure option pour ce type de titres et qu’il offre une certaine précision une fois bien assimilé. L’ajout de séquences de magie, par l’intermédiaire d’un autre menu, permet également de varier les plaisirs.

Malgré quelques impairs




Notre héroïne ayant certains dons, les développeurs les ont mis à contribution pour tenter d’ajouter un peu de substance au titre. En pratique, on se retrouve à devoir accomplir des séries de mouvements et étapes pour déclencher quelques sorts. C’est plutôt amusant dans l’ensemble, mais le système demeure limité et fait plus office de petit bonus permettant de progresser dans l’aventure, voire d’énigme, que de véritable atout. L’un dans l’autre, le jeu demeure une excellente surprise. Suffisamment long et bien pensé, il dispose d’un excellent background et d’un scénario passionnant, tout en allant droit au but en se concentrant sur l’essence même du point & click. Cela dit, il n’est pas pour autant exempt de défauts. Tout d’abord, dès le premier contact, on se rend compte que le soft souffre d’animations extrêmement raides. C’est un peu intrinsèque au genre, mais on aurait voulu voir débarquer un point & click de cette envergure avec une réalisation technique impeccable. En l’état, on a droit à de jolis graphismes, et plus principalement à des décors bluffants au gothisme envahissant, mais on a tendance à quitter cette ambiance aussitôt que notre personnage bouge à l’écran, ce qui nous ramène un peu à la dure réalité. Les modélisations sont globalement assez réussies et le travail artistique sur les décors et personnages est magistral.

Du côté sonore également, il n’y a pas grand-chose à redire, les doublages, bruitages et musiques sont magnifiques et accompagnent parfaitement le joueur dans son aventure. On sent qu’une très grosse recherche a été faite du côté de l’ambiance pour créer quelque chose d’enivrant et inquiétant à la fois. En revanche, il est plus difficile de pardonner la difficulté revue à la baisse par rapport aux poncifs du genre. Cela permet d’un certain côté de le rendre plus accessible, mais les fans purs et durs trouveront sans doute cette aventure bien trop simple d’accès pour vraiment prendre plaisir à résoudre les énigmes. Il en va de même pour la linéarité du soft, un peu agaçante tant on a l’impression de passer simplement d’une pièce à l’autre, et pour la maniabilité, pas toujours évidente au pad mais très abordable malgré une rigidité que l’on retrouve sur PC. Quoi qu’il en soit, ceux qui n’ont jamais touché un point & click risquent d’avoir une bonne surprise. Les habitués, quant à eux, risquent en revanche d’être déçus par le manque de difficulté des énigmes mais ils passeront assurément un très bon moment dans l’univers gothique du soft.

Point complet
Gray Matter parvient avec brio à remettre sur le devant de la scène les point & click sur Xbox 360. Excellent titre, au scénario mature, avec une ambiance parfois oppressante et des décors riches en détails, il devrait plaire aux amateurs du genre, au point de les scotcher durant toute l’expérience. Malheureusement, le soft souffre également de quelques petits défauts intrinsèques au genre, qu’il s’agisse de la linéarité de l’aventure, des animations trop raides ou de la jouabilité somme toute assez moyenne bien qu’abordable. En revanche, certains auront du mal à excuser le fait que le soft soit un poil trop accessible, les énigmes ayant tendance à être simplifiées, sans doute pour convenir à un plus large public. Enfin, ne crachons pas dans la soupe, l’expérience mérite amplement d’être vécue au moins une fois !

On a adoré :
+ La direction artistique
+ L’ambiance
+ Accessible pour les néophytes
+ Les décors
+ Scénario passionnant
+ Durée de vie correcte
+ Les musiques
+ Maniabilité abordable…
On n'a pas aimé :
- Bien que moyenne
- Les animations, trop raides
- Enigmes un peu faciles
- Très linéaire


Consulter les commentaires Article publié le 22/03/2011 par Etienne F.



 
Xbox Gamer est un magazine online de jeux vidéo informant sur la console Xbox One et la Xbox 360 de Microsoft. Copyright XGN © 2002-2021