Test Deadly Premonition - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Deadly Premonition



Développeur
Access Games
Distributeur
Rising Star Games
Genre
Action Aventure
Statut
Disponible
Date de sortie
  29.10.2010
  23.02.2010
  11.03.2010
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI
Prix de lancement
29,00 €

Sorti aux Etats-Unis en gamme budget et vendu à plus de 200 000 exemplaires déjà, Deadly Premonition est un titre très particulier qui surprend dès le premier coup d’œil. Il aura pourtant fallu de nombreux mois pour que Rising Star Games se décide à le porter sur le territoire PAL. Vendu entre 25 et 30€ en France, le soft vient donc dans un sens concurrencer Alan Wake sur son propre terrain, le prix en moins. Mais le jeu partage-t-il vraiment des caractéristiques avec le soft de Remedy ?

Cinq années de retard




La première chose qui frappe, lorsqu’on lance le jeu, c’est bien entendu sa réalisation graphique. Etrangement, certains éléments, comme les personnages, sont correctement modélisés, tandis que d’autres, comme les décors ou les objets, sont tout simplement dignes d’une console 128 bits exploitée à 60% de son potentiel. En d’autres termes, Deadly Premonition joue à 100% la carte du jeu budget, et cela se ressent dès le début. Est-ce pour autant un gros défaut ? Oui et non. Oui, car il faut passer outre sa réalisation datée, et non car elle colle bien à l’ambiance rétro du jeu et s’excuse parfaitement par le prix de vente ridicule du jeu. Mais, car il y a un mais, le jeu souffre également d’un second gros défaut : sa jouabilité. Globalement, le maniement du personnage est très rigide, de même que la dégaine de l’arme, la visée ou les interactions. On se croirait sincèrement revenu sur les opus PS2 de Resident Evil. Certes, il y a un côté hommage très clairement mis en avant (ne serait-ce que cet écran sombre affichant l’objet obtenu lorsqu’on le ramasse, inspiré par Resident Evil, ou les casiers à utiliser pour stocker ses armes, également la même référence), mais il n’empêche qu’on aurait apprécié que le tout soit un peu plus coulant…

Les deux à trois premières heures de jeu sont donc pénibles, aussi bien pour vos yeux que pour vos doigts. On se dit qu’il s’agit là d’un jeu budget injouable, moche et sans intérêt, et on n’a pas totalement tort puisque le premier avis est presque dans tous les cas extrêmement négatif. Cependant, plus on avance dans l’aventure et plus on se rend compte de la richesse du jeu, qui est un peu à l’opposé du titre de Remedy : extrêmement riche et compliqué, mais moche et difficilement accessible. Malgré la pénibilité des premières heures, l’ambiance particulière ressort et ses personnages ainsi que son intrigue nous captivent. Le scénario nous propose de suivre l’arrivée d’un agent fédéral dans une petite ville américaine perdue en pleine forêt. L’agent avec qui on fait connaissance est particulier. Il présente une personnalité tourmentée, se parle à lui-même, ou plutôt à sa seconde personnalité, qu’on déduit être le joueur puisqu’il nous demande régulièrement de faire des choix et entre régulièrement en transe. Durant les séquences « normales » de jeu, il est question de rencontrer les citoyens de cette petite ville, de les interroger, de se rendre à des lieux précis et de mener une enquête sur une série de meurtres qu’on dit être l’œuvre d’un serial-killer issu d’une vieille légende locale. Mais lorsque le héros entre dans son état de transe, qu’on ne détecte pas nécessairement, réalité et fiction se mêlant continuellement, il entrevoit des monstres directement inspirés de L’Exorciste, qui se recroquevillent sur eux-mêmes et se rapprochent de nous pour nous attaquer.

Il faut dès lors user de son revolver, d’un shotgun, d’une mitrailleuse ou d’armes de contact pour les éliminer. A cela, s’ajoutent de nombreuses autres séquences de jeu. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le titre est divisé en deux parties. La partie enquête/progression et la partie bac à sable, car le jeu se déroule bel et bien en environnement ouvert. Durant les séquences d’investigation, on passe son temps à interroger les victimes, faire des déductions, récupérer des indices sur les scènes de crime, tuer des monstres et, parfois, échapper au tueur via des QTE ou des multi-screens nous montrant la progression du tueur d’un côté et celle de notre personnage de l’autre, qui doit se cacher dans le décor. De ce côté, le jeu est plutôt bien conçu et s’avère même passionnant, d’autant plus que même si le tout est assez cheap, le scénario est d’excellente facture, les cinématiques sont bien tournées et les dialogues savoureux. Deadly Premonition est sans aucun doute le jeu disposant du plus solide scénario qu’il nous ait été donné de voir. Pour vous donner un ordre d’idée, il nous a fallu six heures pour boucler le premier chapitre du jeu, plus une heure pour le prologue, après quoi il nous encore fallu évoluer dans les chapitres suivants jusqu’au grand final, le tout, sans faire d’à-côté. Il faut au final entre 20 et 30 heures pour boucler l’aventure, sans s’arrêter une seule minute et en sautant les séquences où on n’a pas d’objectif bien précis. Inutile donc de dire que si vous accrochez au concept, adorez le scénario torturé et l’ambiance lourde, vous passerez un très agréable moment !

L’ambiance avant tout




Deadly Premonition est entouré d’une aura sacrée. On a véritablement l’impression de prendre part à un film interactif, avec des acteurs disposant d’un véritable background et d’une personnalité étoffée. De plus, Success a traité l’histoire avec une maturité presque effrayante, qu’il s’agisse des personnages torturés (le héros pourrait presque être qualifié de fou furieux), des meurtres sordides, de la mise en scène qui met parfois bien mal à l’aise ou même des musiques si étranges qui collent parfois parfaitement à la séquence et sont parfois tout à l’opposé. Découvrir le cadavre d’une femme crucifiée à un arbre sur fond de chanson paillarde avec un homme gai comme un pinson qui entonne son ‘lalalala’ est une expérience très particulière, qui démontre une fois de plus le ton très particulier du jeu. Dommage tout de même que les chansons ne soient pas plus nombreuses car on tourne plutôt vite en rond de ce côté-là. Il en va de même pour les monstres, qui peinent à se renouveler, même si quelques grosses surprises attendent les joueurs qui iront plus loin que le chapitre 1.

Mais ce qui marque le plus dans ce titre, c’est sans doute tout ce qui entoure l’univers du jeu : l’enquête avec les morts mystérieuses, liées au héros, le scénario qui devient de plus en plus complexe, le héros avec qui on fait connaissance petit à petit, son humour si particulier (avec une scène culte lorsqu’il partage ses cas de morts les plus violentes et dégoûtantes en plein repas, devant ses partenaires dépités), ses personnages secondaires si étranges et plein de mystères ou encore le monde que s’imagine (ou pas, d’ailleurs ?) le héros, qui devient de plus en plus envoûtant et particulier. Une fois en dehors des enquêtes, on se rend même compte que le jeu propose une profondeur exceptionnelle. Les possibilités sont multiples et vraiment impressionnantes, malgré le manque de moyens. Ainsi, vous serez surpris de constater qu’on peut conduire un véhicule pour se rendre où bon nous semble, qu’on doit gérer ses besoins primaires (nourriture, sommeil), afin de rester en forme durant les enquêtes, qu’il est essentiel de se raser, sans quoi on finit par attirer les mouches et sentir mauvais, et les gens nous perçoivent différemment, ou encore exercer des dizaines de petites activités supplémentaires. Il est même possible d’espionner ses voisins par leur fenêtre, pour tout vous dire ! A côté de cela, d’autres activités comme des courses chronométrées en voiture, ou des sessions de pêche sont également au rendez-vous. A cela, ajoutez quelques missions secondaires ainsi que d’étranges secrets à découvrir, et vous obtenez une durée de vie qui peut être colossale. Le tout, c’est bien entendu de supporter les premières heures de jeu, assez pénibles et la réalisation datée du soft, sans compter les jouabilité d’un autre âge.

Pour le reste, hormis quelques petits impairs (ennemis peu variés, pas énormément de musiques), le jeu demeure un titre pratiquement parfait qui devrait combler les amateurs de scénarios compliqués, de jeux d’ambiance et de softs originaux. Mélange entre Alan Wake pour l’univers sombre en pleine campagne, GTA pour la liberté d’action et Shenmue pour l’histoire compliquée qui nous laisse seul face à notre destinée, Deadly Premonition est un chef d’œuvre qui aurait mérité d’être développé avec un moteur graphique puissant et un véritable budget à portée de main. En l’état, le soft demeure tout de même d’excellente facture et offre en outre de nombreux clins d’œil aux jeux (principalement Resident Evil) tout comme au cinéma (le héros parlant seul de vieux films d’horreur durant ses longues balades en voiture). Conversations qui s’avèrent d’ailleurs informatives, intéressantes et parfois même très drôles...

Point complet
Difficile de critiquer et de définir un titre comme Deadly Premonition, qui pourrait un peu être comparé à un Shenmue en gamme budget orienté survival-horror. Original, créatif, long, offrant de nombreuses possibilités, avec une histoire bien construite et passionnante, il est typiquement le genre de jeu dont on ne décroche pas. Bien sûr, sa réalisation graphique est complètement dépassée et le gameplay s’avère plus que moyen, mais son prix de vente (25 à 30€ en France) réussira pour certains à excuser ses imperfections. Au final, il est difficile de le conseiller à un public précis. Le jeu devrait combler les amateurs de scénarios élaborés et d’histoires torturées. Le problème, c’est que tout le monde ne pourra pas passer outre sa réalisation cheap et son gameplay parfois bien agaçant. C’est d’autant plus dommage que sans ces deux très grossières erreurs, le soft aurait été littéralement parfait.

On a adoré :
+ Le scénario, phénoménal
+ L’ambiance
+ Les personnages
+ Les possibilités
+ Le gameplay à deux vitesses
+ La durée de vie
+ Les musiques
+ Les références
On n'a pas aimé :
- Les graphismes
- La jouabilité mal pensée
- Ennemis peu variés
- Bande-son limitée en morceaux


Consulter les commentaires Article publié le 20/12/2010 par Etienne F.


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