Test Dante's Inferno - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Dante's Inferno



Développeur
Visceral Games
Genre
Action Aventure
Statut
Disponible
Date de sortie
  04.02.2010
  09.02.2010
  2010
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI

Après avoir brillé avec son Dead Space, dont la suite est en développement, Visceral Games s’est mis en tête d’adapter en jeu vidéo la partie de la descente aux enfers de la Divine Comédie, œuvre littéraire mondialement connue et reconnue du célèbre poète Dante Alighieri. Dante's Inferno de son nom était donc un projet très ambitieux forcément attendu par tous ceux qui ont pu goûter à la précédente production des développeurs. Mais en se tournant du côté du beat them all tout en s’attaquant à « un édifice culturel », les concepteurs ont-ils réussi à produire le mélange détonnant que tout le monde espérait ?

Vision crue d’une beauté sans équivoque




Après un Dead Space qui a donné bien des frayeurs aux joueurs, Visceral Games change de style de jeu pour son adaptation de la Divine Comédie de Dante Alighieri. Œuvre très célèbre dont tout le monde connaît le nom, elle est aussi mal connue à notre époque, peu de personnes ayant le courage ou l’envie de s’y plonger. Toutefois, les développeurs ont tenu à faire le grand saut en illustrant le premier des trois cantiques qui la composent. Il s’agit bien entendu du passage de la Descente aux Enfers de Dante. Sur la forme, le studio a fait un travail remarquable puisque l’on découvre la traversée des neuf cercles (allant des limbes à celui des traîtres en passant par la luxure, la gourmandise, la cité de la Dité, les hérétiques et tous les autres spécifiés dans l’ouvrage original) avec un personnage torturé qui tente de reprendre Béatrice, sa bien-aimée, des mains de l’ange de lumière déchu (Lucifer). Durant le périple, on croise avec joie des personnalités historiques, bibliques et mythologiques, certaines étant à affronter pendant que d’autres attendent leur destin (une punition ou une absolution très exactement). Même Virgile a été intelligemment intégré au jeu et permet de guider et informer notre cher héros durant sa descente infernale. Dans le fond en revanche, les connaisseurs verront rapidement que le fil scénaristique du jeu délaisse complètement celui du poème, avec même quelques petites incohérences ci et là. Mais cela n’est en rien grave, bien au contraire même puisqu’on se retrouve finalement avec une véritable interprétation du cantique plutôt qu’avec une vulgaire « repompe ».

De surcroît, en matière d’ambiance, les développeurs semblent s’y connaître et quiconque touchera au soft, aura bien du mal à délaisser la manette avant d’avoir atteint le bout du périple. Immédiatement plongé dans cet univers malsain dépeignant avec brio toute l’horreur qui émane du centre de la Terre, le joueur prend le contrôle de Dante, un Croisé qui pensait rentrer et retrouver sa Béatrice avant que le malin ne s’en mêle, et entame l’aventure en affrontant la Mort elle-même. L’occasion de récupérer sa faux avant d’aller chercher sa douce en découpant tous ceux qui feront office d’entraves. Le scénario, finalement bien vite résumé, profite d’une écriture de grande qualité et est amené par des cinématiques 3D de toute beauté qui jouissent d’une mise en scène théâtrale époustouflante et des séquences animées 2D qui profitent d’un style très mature, qui ne plaira pas à tous, à la patte graphique identifiable en un coup d’oeil. Ces dernières sont en fait des flash-back qui permettent d’enrichir l’univers du jeu tout en donnant un sens au martyre que Dante doit endurer. Fort réussis, ces passages sont plus ou moins judicieusement placés, certains tombant quelque peu comme des cheveux sur la soupe et d’autres arrivant après une suite logique d’événements. Dans tous les cas, même si le style ne fera pas l’unanimité, il faut bien reconnaître qu’ils servent totalement l’histoire et l’ambiance, volontairement violente, montrant le Mal de la plus brutale et crue des manières.

Lourde peine de l’éternel




Les phases de jeu permettent elles aussi de profiter de décors très travaillés pour l’occasion, avec des niveaux fourmillant de détails pour essayer de rappeler le cercle traversé. Les damnés tapissent les parois dont Dante se sert pour descendre de cercle en cercle et les créatures, au design original, tentent de mettre fin à ses souffrances. L’univers est cohérent tout au long du jeu, un peu monotone au niveau des couleurs qui ressortent, mais il arrive à immerger le joueur dans un Enfer prenant, parfois choquant, mais toujours plus intense. Il est alors dommage de voir que le moteur graphique accuse le coup en fournissant de nombreuses textures de qualité moyenne, voire piètre, des modélisations parfois taillées à la faux et un rendu graphique, qui bien que des plus corrects, donne une impression générale de travail légèrement bâclé, ou du moins qui n’a pas profité du soin auquel on pouvait s’attendre. Bien entendu, l’univers et l’aventure en elle-même permettent de rapidement oublier cette faiblesse visuelle qui laisse simplement un léger arrière-goût amer à l’heure où les productions revêtent leur plus belle robe HD. Toutefois, les développeurs ont assuré l’essentiel et ont surtout fait du bon travail pour rendre une copie fluide. Le tout est supporté par une bande sonore d’excellente facture qui accroît l’immersion. Petit bémol tout de même, les doublages français sont tellement peu impliqués qu’ils paraissent au mieux quelconques et au pire agaçants (la voix de Dante n’est clairement pas un cadeau).

L’enrobage étant décortiqué, il est temps de passer au niveau inférieur en se focalisant sur le cœur du jeu : son gameplay. Avec Dante's Inferno, Visceral Games copie allègrement ce qui se fait de mieux dans le genre du beat them all. Du coup, tous ceux qui y ont déjà goûté (pêcheurs gourmands) prendront extrêmement rapidement le titre en main. Les quelques combinaisons du début sortent avec une facilité déconcertante, les fontaines sont brisées naturellement pour récupérer de la vie, etc., les phases de plateformes sont passées sans réel souci (sauf sur une mauvaise évaluation d’un saut, ceux-ci ne pardonnant pas), les puzzles à base principalement de leviers sont résolus tels des jeux d’enfants, tandis que les arènes et les couloirs se succèdent pour une progression des plus linéaires et dirigistes. L’originalité est donc quasiment aux abonnés absents et il ne faut pas trop compter sur Dante pour varier les plaisirs, celui-ci disposant simplement de deux armes, sa faux et la croix de Béatrice. Certes, les développeurs ont eu l’excellente idée d’intégrer un arbre de compétences permettant d’en acheter en échange de quelques âmes et avec un niveau suffisant, afin d’améliorer ses caractéristiques et de débloquer de nouvelles techniques, et ce selon son arme (la faux symbolisant le côté impie et la croix, le sacré).

On se retrouve donc avec deux gameplay distincts peinant à offrir une réelle montée en puissance et cassant quelque peu le rythme des affrontements lorsqu’il s’agit d’alterner entre les deux, sans compter que les phases en l’air sont si pénibles que le combat au sol reste la meilleure des perspectives à adopter. A ceci, on peut rajouter une caméra fixe dynamique, qui ne montre pas toujours le meilleur angle même si elle n’est que peu souvent prise en défaut, des parades qui sabordent le rythme et des esquives qui nuisent aux combinaisons. Répétitif à outrance, le soft tire tout de même son épingle du jeu en proposant des joutes dynamiques et funs dès lors que l’on sait jouer habilement avec les quelques lourdeurs de ce système de défense. Les ennemis sont en plus bien souvent nombreux et on peut déchiqueter, démembrer, découper, etc. à tout va. Les ennemis peuvent même d’ailleurs être achevés à coups de finishing moves (toujours les mêmes variantes pour chaque type d’ennemis) basés sur quelques QTE. Il y a juste ce qu’il faut pour gagner en intensité, mais pas trop pour éviter le dégoût. La mécanique de jeu est donc bien jaugée, tout comme la difficulté qui s’accroît au fil de la traversée. On note d’ailleurs que les joueurs peuvent à tout moment passer d’un mode de difficulté à un autre afin de l’adapter à leur profil. Croyant (facile – vraiment à faire si on joue peu au genre -), Fanatique (moyen – plutôt facile jusqu’au huitième cercle et juste moyen après -) et Infernal (très difficile – mais largement abordable -) permettent donc de modifier le challenge en temps réel, jouant principalement sur la faculté de Dante à encaisser les coups, les créatures adverses étant régies par trois à cinq scripts les poussant à faire sans cesse les mêmes enchaînements dans un ordre bien logique, ce qui facilite grandement l’anticipation.

Du feu de la passion à celui de l’Enfer




Et cela se ressent fortement sur la durée de vie puisque le jeu peut être bouclé en 4H30 à 5H00 en allant à l’essentiel en (respectivement) Fanatique et Infernal et il ne faut guère plus de 5H20 pour le terminer une deuxième fois en Condamné (très difficile à débloquer – offre sa dose de challenge sur les deux derniers cercles mais faisable avec de bons réflexes -). Bien entendu, les néophytes et ceux qui prendront le temps de trouver tous les artefacts cachés et de puiser les réserves des fontaines peuvent rajouter environ deux à trois heures au compteur. Dans tous les cas, c’est bien faible pour un jeu solo qui ne dispose uniquement que d’une aventure à la replay value limitée à son seul mode de difficulté à débloquer. Enfin, certainement pour pallier un sentiment de culpabilité, les développeurs ont intégré un mode Portes de l’Enfer qui s’apparente à un survival venant prolonger le plaisir des plus téméraires. D’ailleurs, ce côté de prolongation artificielle de la durée de vie se ressent aussi en plein jeu, notamment lorsque les développeurs nous servent les dix Bolges (salles à nettoyer au design remâché). C’est assez décevant il faut bien l’avouer et ça l’est encore plus quand on sait qu’un DLC nommé Trials of St. Lucia apportera plus tard de la coopération et un éditeur de niveaux, éléments qu’il aurait été finalement plus judicieux d’intégrer dans le soft original, quitte à repousser sa sortie de deux ou trois mois…

Toutefois, pour terminer sur des notes plus positives, précisons que quelques bonnes idées ont été intégrées. Tout d’abord, pour chaque ennemi de base qu’il attrape, Dante peut choisir de le punir ou de l’absoudre, ce qui amène une petite QTE venant offrir un côté spectaculaire bienvenu. Le seul hic vient du fait que pendant qu’il réalise celle-là, il est inattaquable alors qu’il est quasiment incapable de briser l’attaque d’un adversaire (un peu frustrant de devoir esquiver ou parer alors qu’un coup de faux bien placé aurait permis de contre-attaquer sans temps mort…). Il en va de même avec les personnalités qu’il croise, sauf que là le fait de les absoudre amène à l’enclenchement d’un mini-jeu basique au système axé sur les réflexes. C’est amusant les deux premières heures mais plutôt ennuyant le reste de l’aventure, à tel point que parfois on préfère punir rapidement plutôt que de perdre du temps à refaire encore et toujours la même chose, surtout que cela n’a aucune incidence sur le personnage (sauf pour sa jauge Impie/Sacrée) et le scénario. Au niveau de l’évolution du personnage, il est important de noter qu’en plus des compétences, il peut récupérer des reliques lui donnant certaines capacités. Ainsi, il est possible, grâce à une combinaison de touches, de déclencher quelques attaques magiques spéciales permettant d’infliger des dégâts supplémentaires.

Dans tous les cas, on le répète, le soft reste au niveau du gameplay une « copie » des maîtres du genre, avec ses tares certes, mais il offre suffisamment de dynamisme et de fun pour plaire à tous les amateurs du genre, faisant ainsi office de bon défouloir. Le tout est couronné par des boss, souvent gigantesques, que l’on doit battre en répétant la même mécanique (peu original et intéressant dans un sens) avant d’infliger un finishing move impressionnant à base, une fois de plus, de QTE, ce qui donne un petit côté saisissant dirons-nous. Notons enfin que des passages à dos de créatures gigantesques permettent de varier les plaisirs à défaut de donner un quelconque challenge et que des bonus fort plaisants sont accessibles à partir du menu du jeu (une fois déverrouillés cela va de soi). Ces derniers permettent de revoir les cinématiques et flash-back à la suite, de profiter de deux documentaires (dont un faisant la promotion du DLC à venir), de visionner des croquis bien jolis et de consulter quelques événements importants de la vie de Dante. Des plus appréciables qui permettent de laisser la galette dans le lecteur de la console quelques minutes de plus !

Point complet
Dante's Inferno est une interprétation réussie de la Descente aux Enfers de Dante Alighieri qui en adapte parfaitement la forme en y intégrant de nombreuses références. Très libre dans l’approche de l’ouvrage original, cette production profite d’un univers extrêmement travaillé et mature à souhait. Les cinématiques sont superbes et intéressantes, les phases animées ne plairont pas à tous mais apportent un réel cachet à cet opus et le tout profite du soutien d’une excellente bande sonore, exception faite des doublages français, pour une immersion totale. Toutefois, ce divertissement a de nombreuses tares facilement identifiables, à commencer par un gameplay manquant d’originalité, par un aspect linéaire et dirigiste prononcé, par un aspect technique manquant de finitions ou encore par une durée de vie des plus faibles, malgré des rallonges artificielles et des mécanismes classiques (puzzles à base de leviers, arènes à nettoyer). Dans cette optique, il est dommage de voir que les développeurs ont travaillé sur un DLC à côté alors qu’ils auraient pu compenser la durée de vie en l’intégrant dans le jeu, quitte à repousser quelque peu sa sortie… Ceci dit, si on fait abstraction des défauts, on découvre un bon défouloir offrant une difficulté ajustable, des combo sympathiques, juste ce qu’il faut de QTE, quelques bonus appréciables et une bonne dose de fun. Enfin, l’idée du choix entre punition et absolution est très appréciable, mais elle aurait pu être approfondie pour permettre une certaine replay value, sans se contenter d’une sorte de survival et d’un mode de difficulté à débloquer. C’est un jeu qu’il faut au moins faire une fois dans sa vie de joueur pour son univers, mais pas forcément à plein tarif (surtout) pour un habitué du genre…

On a adoré :
+ Interprétation réussie de l’Enfer de Dante
+ Fidèle à l’ouvrage sur la forme
+ Univers mature très travaillé
+ Bande sonore de qualité
+ Cinématiques réussies
+ Bon défouloir
+ L’arbre de compétences
+ Difficulté ajustable bien dosée
+ Juste ce qu’il faut de QTE
+ Mode Condamné pour le challenge
+ Des bonus sympathiques
+ Choix punir/absoudre…
On n'a pas aimé :
- Mais sans réelle incidence
- Replay value très faible
- Gameplay peu original
- Les doublages français
- Durée de vie…
- Malgré une prolongation artificielle
- Certaines textures et modélisations
- Linéaire, répétitif et dirigiste
- Un DLC qui aurait dû être intégré de base


Consulter les commentaires Article publié le 14/02/2010 par Vincent P.



 
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