Test Crash Time 5 - Undercover - jeux vidéo Xbox One

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Décidément, Synetic est prolifique puisqu’il nous offre déjà un cinquième opus pour la saga Crash Time, adaptée de la série télévisée allemande Alerte Cobra. Série de jeux de course à petit budget, Crash Time n’a jamais forcément brillé aux yeux des joueurs, mais reste sans prétention et par moment fun à jouer. Affublée du sous-titre Undercover, la saga nous revient avec un nouvel opus accompagné de quelques nouveautés. Qu'en est-il de ce dernier épisode ?

Nouveautés et bâclage




Crash Time est typiquement le genre de jeu que l’on trouve dans les bacs à soldes quelques mois après sa sortie, et que l’on garde sous le coude en temps de disette. Beaux de loin mais loin d’être beaux, les opus précédents restaient accessibles, orientés arcade et sympathiques à jouer. Pour ce nouvel épisode, les choses ont quelque peu changé, pour du bon, mais aussi du moins bon. Comme à son habitude, et petit budget oblige, l’enrobage du titre reste très sommaire. La mise en scène est rachitique, à base de quelques dialogues et de vignettes affichant les personnages, Ben, Semir ou autres, en train de parler. Les dialogues sont simplistes et pas forcément bien joués, en précisant que le jeu a été testé à partir d’une version anglaise, en V.O. sous titrée anglais… De toute manière, que celui qui s’est déjà intéressé au scénario d’un Crash Time lève le doigt. Le mode carrière est divisé en 8 chapitres, composés chacun de 7 à 8 missions, ce qui est un bien grand mot étant donné qu’une épreuve sur deux est une course sur circuit. Dommage, car le rythme est du coup assez haché et vous soupirerez souvent en vous coltinant une course sur piste assez ennuyeuse et plutôt longue après avoir participé à une course-poursuite haletante sur une autoroute allemande. Il faut avouer que ce mode carrière est quelque peu ennuyeux, les courses étant longues et répétitives, et les missions commençant systématiquement par le fait de rallier un point précis de la map, en passant par des checkpoints. Ces 8 chapitres s’orientent chacun sur une mini histoire, avec des personnages spécifiques et une mission finale permettant de récupérer le véhicule du grand méchant. De nombreux bolides (plus de 50) et courses sont à débloquer tout au long du jeu, mais le tout reste moins varié que dans les précédents épisodes.

Pas d’originalité ici, on reste dans du classique, avec des voitures de sport, de police, des 4x4, ou encore des Pick-up. Point de camion de poubelle ou de pompier à l’horizon. Un peu de fantaisie supplémentaire aurait été bien vue, mais le jeu en général reste sérieux, quelques blagounettes des protagonistes mises à part. Cette année, Crash Time se la joue Need for Speed Hot Pursuit en ajoutant quelques armes ou boucliers à ses courses, en plus de l’habituelle nitro, qui offre un bonne sensation de vitesse. Il est souvent possible, lors d’une mission, de changer manuellement d’arme ou de gadget, à partir des gâchettes hautes de la manette, ce qui n’est pas toujours très pratique. Vous disposez donc d’un grappin, qui une fois lancé sur l’adversaire le ralentit et vous fait accélérer, idéal pour percuter violemment votre adversaire par derrière et lui faire subir de gros dégâts. Un bouclier vous protège de toute attaque, tandis que la charge électromagnétique paralysera un véhicule. Il est également possible de déposer des herses, ou de former des barrages, en accédant à une map et en les plaçant manuellement. Une voiture crevant ses pneus sur une herse donnera lieu à un ralenti plutôt bien fait, nous montrant la violence de l’accident, taule froissée et pare-brise éclaté à l’appui. Un ralenti s’active également lors d’un choc violent, contre un autre conducteur ou un élément du décor. Loin d’être du niveau d’un Burnout Paradise, ces accrochages sont sympathiques à regarder, tout en sachant qu’il est possible de les désactiver via le menu des options. Car aussi sympas soient-ils, chaque ralenti coupe votre action et vous replonge dedans directement, sans vous laisser une petite seconde afin de re-visualiser le décor et votre trajectoire. Du coup, c’est l’accident assuré une fois sur deux. Autre option à désactiver (à notre avis), la caméra de recul.

En effet, lors d’une marche arrière, la caméra pivote pour vous montrer ce qui est derrière vous, dans un mouvement de caméra plutôt brutal. Et si vous accélérez, reculez et accélérez à la suite, c’est la crise d’épilepsie assurée. En plus de l’habituel GPS, un radar est disponible en haut de l’écran afin d’avoir une idée sur la position des poursuivants, très utile pour lâcher une herse avec précision. Certaines missions sont assez fun à jouer, explosives et rapides, et vous tiendront éveillé entre deux courses imposées. Les véhicules ennemis ne sont par contre pas bien fins et leur comportement est souvent étrange. Il suffira souvent de faire un simple demi-tour pour les semer, ou de les bloquer contre une rambarde et d’accélérer en continu pour faire baisser leur jauge de résistance, et ainsi les faire exploser. Le mode difficile par contre est plus tendu, avec des ennemis plus résistants et des chronos à respecter beaucoup plus serrés. Le challenge est au rendez-vous. A noter que le trafic n’est pas très dense et qu’à l’absence de piéton, habituelle pour la série, s’ajoutent des véhiculent civils peu diversifiés. On croisera très souvent la même camionnette blanche et le même poids lourd. Cela manque de diversité. Leurs réactions sont par contre assez réalistes, ils auront tendance à vous klaxonner ou vous faire des appels de phares lorsque vous roulerez dangereusement. Le joueur peut par ailleurs choisir son véhicule avant chaque mission, excepté quelques cas imposés. Il faudra bien veiller à ne pas prendre une voiture peu blindée lors d’une séquence où il faut immobiliser un fourgon et des véhicules adverses. Une autre mission vous demandera par exemple de prévenir des dealers de l’arrivée de la police, en les klaxonnant. Il faudra être rapide et précis. La plupart des missions s’effectuent sous couverture, comme le nom du jeu l’indique.

L’arcade cheap




Il faut donc s’infiltrer dans des gangs de dealers ou de voleurs de voiture, ce qui relance l’intérêt, ne vous cantonnant pas à de vulgaires filatures ou arrestations. Côté jouabilité, nous avons un jeu complètement orienté arcade, sachant que les voitures ont la fâcheuse tendance à glisser pour un rien. Un mode arcade + est disponible, rendant le véhicule un peu plus lourd et moins dérapant. Utile, surtout lors des courses off-road, où vous risquez de déraper comme un « kéké ». Les voitures sont quasi indestructibles, sauf pour quelques missions d‘arrestation et un énorme carton ne vous empêchera pas de repartir. Mais, si par malheur un pneu est parti dans le décor, le jeu répare automatiquement la voiture. Par contre, et c’est une grosse déception, aucune sortie de route n’est tolérée. Pendant les courses, cela peut être compréhensible, mais en mode mission, c’est tout de suite plus étonnant. Impossible de semer la police ou des dealers en coupant à travers champ, le jeu vous remet automatiquement sur la route. Même en coupant très légèrement un virage, il nous est arrivé de respawner 100 mètres avant. Vraiment pénible, surtout qu’au volant d’une voiture de sport à plus de 200 km/h, il est difficile de rester constamment sur la route. Certains respawns sont d’ailleurs hyper mal placés et vous remettent en selle à fond en pleine descente ou carrément en dernière position lors d’une course. Mais cette déception en cache une autre, énorme celle-ci : il n’y a pas de mode promenade dans ce Crash Time. Sorti des sept heures du mode carrière, et de quelques courses simples (paramétrables, avec armes ou non, nombre de tour, difficulté de l’IA), l’envie d’aller flâner sur les routes alpines du jeu nous démangeait. Comme dans Midtown Madness il y a quelques années, notre plaisir est souvent de provoquer quelques accidents, de faire des face-à-face sur l’autoroute entraînant des bouchons, ou de couper à travers champ pour écraser quelques vaches (possible et rigolo dans Crash Time 2).

Rien de tout cela n’est possible, même si on peut provoquer quelques accidents dans les missions, le tout reste limité. Du coup, on se rabattra quelques temps sur le mode course, afin de profiter des décors (repris du solo, à savoir décors alpins, autoroute ou circuit sur piste), tout en sachant que l’IA est pour le coup hyper pénible. Les adversaires sont en effet super hargneux, dès le départ de la course. Ce sont de grosses brutes qui, lors du premier virage, vous prendront directement par derrière (façon de parler) pour vous balancer dans le décor. Sachant que, comme dit plus haut, un respawn vous handicapera tout le reste de la course, on serre les dents et on s’énerve souvent, tant ils ne tenteront jamais de vous éviter. Le moteur physique, loin d’être réaliste, est néanmoins meilleur que dans le précédent jeu. Enfin, du multi permet de jouer à quatre en écran splitté, mode de jeu vraiment intéressant à plusieurs. En ligne (jusqu’à huit joueurs), les parties sont très stables, notamment du fait que les participants n’affluent pas. Les modes restent très classiques, comme dans l’opus précédent, mais ont le mérite de prolonger la durée de vie. Le mode deathmatch est particulièrement fun à jouer. Côté technique, les développeurs ont amélioré leur moteur graphique, tout en mettant en lumière des carences énormes. Les véhicules sont très bien modélisés, et en débloquer de nouveaux est un plaisir. Ils se salissent, se rayent, et les reflets sont plutôt réussis, tout comme les effets lors des accidents.

Un gros progrès de côté-là, mais qui se ressent sur les décors en général, ayant bénéficié de moins de soins. Tout d’abord, les décors sont alpins, avec quelques variantes, allant de plaines aux montagnes enneigées en passant par des chalets, ports ou une petite plage. Plus de ville par contre comme dans les précédents opus, à part quelques petits villages, mais de jolis panoramas sont à signaler. Attention, car certains virages montagneux ne disposent pas de barrière de sécurité, un virage trop large et c’est l’envolée assurée. Le jeu n’est par contre pas toujours très fluide, et les chutes de frame rate, surtout en mode course, sont particulièrement visibles, tout comme l’aliasing, qui fait souvent plisser des yeux, et des textures baveuses pas très gracieuses. D’autres détails sentent le cheap à plein nez, comme les buissons et certains arbres en 2D, ou encore les panneaux sur l’autoroute qui s’affichent au dernier moment. D’ailleurs, le clipping de ce jeu est assez original en soit : plutôt que d’afficher les textures ou éléments lointains comme on le voit partout, ce clipping là les matérialise. Entendez par là qu’une sorte de brouillage noir se forme et « fabrique » l’élément. Une sorte de pixellisation créatrice d’objet, difficile à expliquer sur le papier. Mais du coup, lorsque vous êtes sur l’autoroute et que vous regardez les montagnes au loin, les plus proches sont texturées, et les plus lointaines sont en train de le devenir, à base de brouillage donc, donnant l’impression de regarder Canal + en crypté. Etonnant, mais surtout très disgracieux. La partie sonore est anecdotique, les musiques étant répétitives et les bruitages moyens. Certains bruits de moteur ressemblent d’ailleurs plus à une tondeuse à gazon qu’à une voiture de sport.

Point complet
Le Crash Time nouveau est donc là, avec ses améliorations et ses déceptions. Si on n’attend pas forcément le jeu de l’année, l’absence de mode libre (promenade) est vraiment préjudiciable pour la durée de vie du jeu et surtout pour le côté fun de la chose. Car le mode carrière, peu mis en scène et souvent ennuyeux, couplé à des courses agaçantes à cause de l’agressivité des adversaires, ne suffisent pas sur le long terme à occuper le joueur. Le multi, bien peu peuplé, ne sera qu’un passage éclair également. A peut-être trop vouloir améliorer le côté graphique, les développeurs ont oublié l’essentiel de la saga Crash Time, à savoir une certaine liberté et un peu plus de panache. Ces défauts rendent cet opus loin d’être obligatoire pour ceux ayant parcouru les anciens épisodes, mais la nouvelle aire de jeu alpine reste agréable à parcourir. Un Crash Time plus joli donc, mais moins fun à jouer. Espérons que Synetic proposera un prochain épisode un peu plus fun et débridé pour sa série.

On a adoré :
+ Véhicules bien modélisés
+ Nouvelle aire de jeu
+ Le grappin
+ Bonne sensation de vitesse
+ Multijoueur stable
+ Modes arcade et arcade +
+ De jolis panoramas…
On n'a pas aimé :
- Plombés par un clipping d’un nouveau genre
- Mode carrière souvent ennuyeux
- Mise en scène rachitique
- Musiques répétitives
- Manque de folie générale
- L’I.A. des adversaires


Consulter les commentaires Article publié le 17/11/2012 par Lionel B.



 
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