Test Catherine - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
connecté, 41 225 membres  |  Se connecter  -  S'inscrire 
 
 

Catherine



Editeur
Deep Silver
Développeur
Atlus
Distributeur
KOCH Media France
Statut
Disponible
Date de sortie
  09.02.2012
  26.07.2011
  17.02.2011
Nombre de joueurs
1 à 2
Online
- Classements
Classification PEGI

Thème
Séduction
Mémoire
472 Ko par sauvegard
Résolutions gérées
720p, 1080i, 1080p
Son
Dolby Digital
Prix de lancement
59,00 €

S’il y a un jeu qui s’est distingué sur sa communication, c’est bien Catherine. Pour en faire la promotion, les développeurs ont surtout misé sur l’aspect coquin du titre, couplé à un côté horreur, aiguisant la curiosité de nombreux joueurs. Il faut avouer que même si l’on ne savait pas trop à quoi s’attendre, le fait que l’équipe en charge du projet ne soit autre que la Team Persona, à l’origine de l’excellente série des Megami Tensei et de ses dérivés, était une bonne raison d’attendre le soft d’Atlus avec impatience. Mais la grande question est de savoir si les développeurs ont su dépasser ce côté coquin particulièrement mis en avant et nous proposer une expérience de jeu à la hauteur…

Le jour...




Catherine se distingue d’abord par le mélange des genres proposé aux joueurs. En effet, le jour nous embarque dans une Visual Novel, alors que la nuit, théâtre des cauchemars de Vincent, est l’objet de redoutables puzzles/casse-tête. Ainsi, la journée est dédiée aux rencontres et discussions du héros avec ses amis, mais surtout à ses choix face aux deux demoiselles le poursuivant de leurs ardeurs : Katherine, la petite amie officielle de longue date, soumise à la concurrence redoutable de la très entreprenante Catherine. Dans un style anime très réussi, on suit les pérégrinations de Vincent à travers quelques endroits clés de sa vie : son appartement, le restaurant et le principal, le bar Stray Sheep, où il passe toutes ses soirées. Il est ainsi possible de discuter avec les personnages présents, de choisir les réponses à leur apporter, d’échanger des textos avec les deux demoiselles, parfois récompensés par l’envoi d’une photo... Le système des textos est plutôt bien pensé : il est possible de choisir chacune des quelques phrases qui les composent parmi plusieurs propositions, changeant selon les répliques choisies précédemment. Ainsi, une première phrase ironique débloque d’autres répliques dans la même veine, plus ou moins nuancées, de même pour le côté plus tendre. Le seul petit bémol, c’est l’espèce de gémissement émit par Vincent à chaque changement de réplique, ce qui s’avère vite légèrement agaçant...

Cependant, tout ne se limite pas à ce manichéisme, comme on aurait pu le craindre, car la palette de propositions est plutôt large et permet de nombreuses nuances. Le caractère de Vincent est matérialisé par une jauge apparaissant après chaque choix : d’un côté favorable à Catherine, de l’autre à Katherine, avec toutes les nuances possibles. Cette "évaluation" du caractère de Vincent est bien exploitée, puisque dans certaines situations, les événements dépendront de cette jauge, entraînant des réactions différentes et conduisant bien sûr à des fins différentes (huit au total). Ce côté psychologique s’avère intéressant puisqu’il aborde des sujets matures, centrés sur les relations hommes/femmes et l’engagement. On se trouve très vite pris au jeu des décisions, à réfléchir aux conséquences de telle ou telle parole. On est totalement immergé et on se torture parfois pour choisir la réponse "adaptée" (si on peut dire, puisqu’il n’y a pas vraiment de mauvaise réponse, juste des points de vue différents). Ce système offre une vraie rejouabilité pour le joueur désirant explorer toutes les facettes de la personnalité de Vincent. Le Stray Sheep, comme tout bon bar, permet aussi de boire quelques verres, de s’essayer à la redoutable borne d’arcade Raiponce (reprenant le principe des phases de puzzles nocturnes), de choisir sa musique sur le Juke-Box (avec plus d'une vingtaine de pistes à débloquer, issue du jeu, mais également de titres plus anciens de la team).

Face à ces possibilités assez nombreuses, on regrette juste un léger manque de soin apporté à la traduction française, parfois émaillée de fautes ou d’approximations. A ce sujet, il faut préciser que les voix sont en anglais (plutôt bien doublées, parfois un peu théâtrales, mais de circonstance par rapport au contexte) avec un sous-titrage français. Petit détail sympathique, les écrans de chargement sont agrémentés de citations parfois croustillantes sur le mariage et les relations amoureuses, aidant à patienter agréablement. L’ambiance oppressante, entretenue à coups d’horloges, de cauchemars et autres réjouissances se révèle addictive et on se surprend à vouloir connaître la fin de l’histoire pour ce pauvre Vincent, hanté par ses cauchemars. Les révélations sont distillées au compte-gouttes, éclairant peu à peu le joueur sur le pourquoi du comment de cette étrange situation, maintenant un certain suspense tout au long des huit jours de l’aventure.

Et la nuit...




Venons-en maintenant à l’aspect principal du soft, qui pourra rebuter les joueurs s’attendant à un simple jeu de drague : de redoutables puzzles/casse-tête dans lesquels Vincent se trouve plongé lors de ses cauchemars. Le principe est simple, il suffit de déplacer des cubes pour les escalader jusqu’à la sortie. Cependant, il faudra de la persévérance pour en venir à bout car ils constituent un bon challenge à la difficulté progressive assez bien dosée (les niveaux de difficulté les plus élevés sont assez retords). Il faut ainsi compter sur des cubes fragiles se brisant au bout du second passage, des cubes explosifs, des cubes ressorts, des cubes gelés entraînant de dangereuses glissades, etc., sans oublier les boss de fin d’étage, au design et aux attaques redoutables, qui viennent compliquer l’ascension. En plus de devoir être attentif à la façon d’agencer les blocs pour éviter l’impasse, il faut de surcroît se dépêcher car le bas de la tour s’effondre progressivement, menaçant d’engloutir les plus lents dans un abîme peu accueillant. Heureusement, quelques objets bonus à grappiller çà et là permettent de créer des cubes, d’éliminer des ennemis peu gênants (car vous ne serez pas le seul sur le chemin de la sortie...), ou de changer la nature des blocs. A savoir que si Vincent quitte le bar ivre, il bénéficie d’un bonus de vitesse lors des épreuves nocturnes. Vous l’aurez compris, sous un principe assez simple, ces puzzles se révèlent assez exigeants, bien qu’ils ne soient pas du goût de tous, ils régaleront les adeptes du genre.

En cas de mauvaise manipulation, il est possible de revenir en arrière jusqu’à neuf fois, option salvatrice, permettant de corriger les faux mouvements dus à la précipitation ou les erreurs de jugement. La bande-son accompagnant ces phases est une vraie réussite, alternant pop et classique collant parfaitement à l'atmosphère. Pour satisfaire tous les joueurs, les développeurs ont inclus trois modes de difficulté : facile pour ceux qui veulent surtout profiter de l’histoire, normal, qui procure un challenge intéressant mais loin d’être insurmontable, et pour les plus motivés, le mode difficile, qui risque d’éprouver durement vos nerfs puisque l’option de retour en arrière est supprimée, rendant l’ascension nettement plus ardue, couplée à une complexification du parcours ! Chaque nuit comprend une étape (aux noms évocateurs tels que Cimetière, Chambre de Torture...), elle-même composée de plusieurs niveaux séparés par des paliers où le joueur peut sauvegarder, discuter avec les moutons, les aider à résoudre leurs problèmes et échanger des techniques d’escalade. La maîtrise de ces techniques est indispensable pour espérer arriver au bout du jeu car certains schémas de blocs nécessitent un comportement particulier. Une fois ces principes intégrés, l’ascension devient nettement plus aisée et logique, au lieu de déplacer des blocs un peu au hasard en espérant que cela fasse l’affaire (cette dernière option ne permettra pas d’aller bien loin...).

Le cauchemar dont on rêve




Chaque palier se solde par un passage au confessionnal et une question/sondage influant sur notre jauge. Petit détail intéressant, suite à notre réponse, un graphique communiquant les réponses des autres joueurs apparaît. Pour se repérer dans le niveau, un schéma indique à quelle distance de la sortie se situe notre héros, issue dont l’approche est signalée par des tintements de cloches du meilleur effet. Pour arriver à la fin des aventures de Vincent, il faut compter 12 à 15 heures selon vos talents, nettement plus si vous souhaitez remporter le trophée d’or à chaque étape... Et pour ceux qui n’en auraient pas encore assez, ils peuvent se tourner vers le mode Babel, consistant à escalader un mur aléatoire très haut, seul ou à deux, à travers quatre niveaux. Le gros avantage, c‘est que contrairement au mode histoire, les murs changent à chaque tentative, renouvelant le défi à chaque partie, d’autant plus que le difficulté est au rendez-vous... Le mode Coliseum, sorte de mode duel, permet à deux concurrents de voir qui est le meilleur grimpeur. Et pour ceux qui en veulent toujours plus, pas de problème, la borne d’arcade Raiponce attend de mettre à l'épreuve vos compétence au Stray Sheep, avec plus de 120 niveaux à franchir...

La bonne nouvelle, c’est que l’on y garde notre progression même en recommençant une nouvelle partie, tout comme les trophées acquis au fil des niveaux sont conservés, permettant de refaire n’importe quel niveau depuis le bar, à partir du portable de Vincent. Si du côté gameplay et ambiance le jeu est une vraie réussite, qu’en est-il des aspects plus techniques ? Les graphismes des scènes diurnes sont très agréables à l’œil, le joueur se trouve plongé au cœur d’un véritable animé. Par contre, ceux des phases de puzzle s‘avèrent être corrects, sans vraiment plus. Heureusement, des petits détails dans les décors viennent habiller cet ensemble un peu grossier. Quant à la caméra, elle suit généralement bien le héros, sauf lorsqu’il essaie de trouver un chemin derrière le mur, le condamnant à une progression à tâtons, à moins d’avoir de solides notions de représentation de l’espace. Même si l’opération est conseillée dans le tutoriel, elle s’avère des plus délicates à cause de cette caméra qui ne pivote que très légèrement sur le côté. Pour finir, le héros se dirige très facilement, même si dans la précipitation, il a tendance à faire un mouvement de plus que ce que l’on souhaiterait, nous mettant parfois dans des situations délicates en raison de cette trop grande réactivité.

Point complet
On peut affirmer sans aucun problème que le résultat est à la hauteur des annonces et des attentes. Les développeurs ont su créer un puzzle-game addictif et exigeant, à la difficulté progressive, enrobé d’un genre d’anime interactif où le joueur décide quelle voie suivre. Ce système entraîne une bonne rejouabilité pour qui souhaite explorer toutes les facettes des personnages, sans oublier un contenu très fourni, ajoutant de nouveaux défis de taille aux mordus d’escalade. La thématique du couple et de l’engagement ainsi que les choix proposés entraînent une réflexion intéressante sur le sujet. A noter cependant que l’ambiance particulière et le gameplay ne plairont certainement pas à tout le monde… Mais, pour ceux qui accrochent, c’est un véritable bijou !

On a adoré :
+ Ambiance feutrée et malsaine
+ Thèmes matures
+ Contenu solide
+ Puzzles addictifs et techniques
+ Bonne rejouabilité
+ Du challenge !
+ Boss déjantés
+ Les musiques
+ Mélange des genres
+ Trois niveaux de difficulté
On n'a pas aimé :
- Traduction parfois moyenne
- Bruitage des messages agaçants
- La caméra parfois
- Une ou deux imprécisions
- Uniquement pour les joueurs avertis


Consulter les commentaires Article publié le 13/04/2012 par Julie B.



 
Xbox Gamer est un magazine online de jeux vidéo informant sur la console Xbox One et la Xbox 360 de Microsoft. Copyright XGN © 2002-2019