Test Carrier Command : Gaea Mission - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Carrier Command : Gaea Mission



Editeur
Mastertronic
Distributeur
Micro Application
Genre
Action Stratégie Tactique
Statut
Disponible
Date de sortie
  15.10.2012
  03.10.2012
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI
Prix de lancement
49,00 €

Carrier Command : Gaea Mission provoque l'émoi en changeant quelque peu les habitudes de Bohemia Interactive Studio. En effet, ce dernier est plutôt habitué aux jeux de tir tactiques basés sur de la simulation pure et dure, comme la licence Arma pour ne citer qu’elle. Les développeurs sont moins spécialisés dans les jeux de stratégie. Et pourtant ils se sont occupés du développement d’un Carrier Command voulant faire honneur à un jeu vieux de plus de vingt ans (l’original est sorti en 1988). C'est dire si la pression est forte. La transition est-elle concluante ? Ce qui rend très bien sur le papier est-il tout aussi bon dans les faits ? Le titre est-il bien adapté à notre console ? Voilà autant de questions qui nous brûlent les lèvres.

Se jeter à l'eau




Pour diverses raisons de guerre, de destruction et autres babioles liées à la mort, l'équipe de l'UEC s'enfuit de la planète Terre pour trouver refuge ici ou là. C'est ainsi qu'ils se retrouvent à faire escale sur TAURUS, planète alors inconnue. Cependant, l'accueil n'est pas des plus chaleureux puisqu'un canon antiaérien fait feu sur le vaisseau de notre héros, accompagné de son équipe, et finit par le toucher, provoquant alors un crash inéluctable. Voici pour la petite introduction du jeu. Première surprise, ce STR commence bel et bien par une phase de jeu en vue à la première personne, plongeant ainsi le joueur directement dans l'action. Armé de son fusil, il évolue sur un terrain hostile. Pour ceux qui ont déjà eu l'occasion de tester un titre de Bohemia, le choc devrait être grand, tant la différence entre un ARMA II ultra exigeant et un Carrier Command : Gaea Mission simpliste au possible est grande. Pour les autres, le choc devrait aussi être conséquent. En effet, le mode FPS est des plus rudimentaire : une seule arme disponible, une maniabilité digne des premiers DOOM, l'impossibilité de sauter, des murs invisibles et un chemin tracé, un univers graphique d'un autre temps et une IA au raz des pâquerettes... Bref, le premier contact n'est clairement pas encourageant. Se retrouver avec un tel rendu venant de la part d'un tel studio, c'est dur, surtout pour l'image. Mais l'âme du titre n'est pas là, alors continuons et laissons lui sa chance.

Très vite, le joueur se retrouve aux commandes d'un appareil amphibie, qui se déplace aussi bien sur terre qu'en mer, le Walrus. C’est déjà plus intéressant que d'évoluer à pied. Ce véhicule devient par la suite l'équipement principal de l'aventure. Il faut donc commencer par conquérir une île en piratant son centre de commandement (c’est l'objectif premier durant toute la durée du jeu). Ainsi on obtiendra un Carrier, d'où le titre Carrier Command, qui n’est autre qu’un énorme porte-avions qui sert durant toute la partie de base mobile. De celui-ci, vous pourrez contrôler vos troupes, suivre l'activité sur les îles attaquées, gérer les ressources et créer de nouvelles unités ou équipements. Pour progresser, un seul et unique programme : conquérir au fur et à mesure de son avancée les différentes îles d'un archipel. Chacune d’elles apporte son lot de bénéfices, que ce soit en termes de ressources, d'équipements ou de véhicules. Il existe alors 3 spécialisations qui permettent de continuer à avancer. La première est une île défensive, qui est une base forte repoussant les offensives ennemies. La seconde est une exploitation minière, offrant des ressources précieuses au sein du Carrier pour fabriquer d'autres équipements ou véhicules. La dernière représente l'aspect industriel, en d’autres mots l'usine. La protection des îles est des plus importantes du fait que la production de chacune est reliée par une ligne de trajet. Si une attaque ennemie vient à séparer l'île de cette ligne, alors celle-ci deviendra inutilisable et verra sa production cesser totalement. Il faut donc user de stratégie dans le placement de ses îles de défense afin de protéger efficacement son empire naissant. Par ailleurs, ces lignes sont les seuls liens entre nos îles et notre porte-avions, il faut donc rester vigilant afin que celui-ci puisse se déplacer de l'une à l'autre sans avoir à reconquérir un terrain. A noter aussi qu'il est nécessaire de se choisir une place forte, autrement dit une île qui sert de capitale.

On n’aurait pas perdu Roger ?




Après quelques îles capturées, on commence déjà à prendre ses repères. Le début étant assez pédagogique, on se retrouve à comprendre assez vite le fonctionnement stratégique du titre. Il est donc possible de suivre les offensives directement du porte-avions en utilisant une mini-carte pour déplacer ses Walrus ou ses Mantas (véhicules aériens) sur l'île attaquée, d'où l'aspect STR du soft. Cependant, on se retrouve avec une IA totalement catastrophique, et les ordres donnés sont bien (trop) souvent à l'origine d'un bazar monstre. Le simple fait d'aller réparer deux Walrus en même temps pourra prendre quelques minutes, ces derniers se rentrant dedans, faisant des demi-tours incompréhensibles, tournant en rond ou finissant bloqués contre un obstacle unique, voire retournés à cause d'une marche arrière en bord de ravin. Il est absolument nécessaire de jongler entre la vue du Carrier et prise de contrôle directe de ses troupes. Plus les troupes seront conséquentes, plus la confusion sur le terrain sera considérable. Le jeu devient ainsi très vite un véritable calvaire, la faute à l'immense capharnaüm que devient le champ de bataille. Aller ordonner à plusieurs unités de se retrouver au même endroit pour un assaut groupé reviendra la plupart du temps à voir ses troupes éparpillées sur la carte, certaines allant carrément à l'opposé de l'objectif annoncé pour faire un demi-tour en plein milieu de la base ennemie pour se faire exploser par une IA adverse totalement hilare.

Ainsi, le premier véhicule arrivé sur les lieux devra attendre ses équipiers, à bien souvent ramener directement en les incarnant à tour de rôle. Cependant, il faudra bien faire attention à interrompre l'activité de ceux qui auraient par chance suivi l'ordre donné, afin de ne pas les voir nous rejoindre en ayant quitté leur poste. D'une pénibilité exceptionnelle, l'attaque d'une île pourra du fait de ces nombreux dysfonctionnements durer un certain temps alors que l'objectif premier est d'une simplicité enfantine. Pour couronner le tout, les centres de commandement adverses peuvent être protégés par des générateurs de boucliers, des systèmes de pare-feu ou autres broutilles du genre se trouvant par le plus grand des hasards de l'autre côté des îles. Ainsi les allers-retours générés provoqueront sans nul doute : collisions, pertes de véhicules ci et là, arrivée sur un point précis d'un seul Walrus, alors qu'ils étaient 4 au départ du porte-avions (les autres étant partis en promenade forcée par un système de GPS moyenâgeux). Bref, il y a de quoi rendre fou le joueur le plus sain d'esprit. Parlons aussi du pilotage des Mantas, ces véhicules aériens qui peuvent perdre la moitié de leur énergie dès le décollage. Catastrophique est le mot qui vient le plus vite. Relâcher tous les boutons pour monter ou descendre, s'y prendre quelques secondes à l'avance avant de l'arrêter sous peine de foncer tête baissée sur le sommet d'une antenne radio postée ici sous d'obscures raisons, ou se préparer mentalement pour l'offensive quand l'attaque est imminente, voilà de quoi donner une migraine.

Cependant ils s'en sortent un poil mieux que les Walrus lorsqu'ils sont commandés indirectement du Carrier. Mais il faudra alors redoubler de vigilance s'ils tombent sur un système de défense antiaérien, car leurs secondes seront alors comptées, ces derniers étant des plus efficaces contre vos appareils volants. Si téméraire vous êtes, alors vous irez jusqu'à obtenir assez de ressources pour confectionner de nouveaux équipements à placer directement sur vos troupes, comme un blindage amélioré ou un lance-missiles pour appuyer les combats… Ou, du côté plus technique, pour remettre sur pied une base détruite via un rayon réparateur, voire des modules de piratage qui anéantiront les éventuels pare-feu. Il sera aussi possible d'améliorer sa base navale, en lui octroyant mitrailleuses, missiles antiaériens, des lanceurs d'obus pour tapisser les côtes avant d'y envoyer ses troupes, et d'autres armes aussi efficaces qu'utiles. Autant faire le ménage au maximum avant d'y envoyer l'équipe de fatigués, car ça peut prendre un certain temps après le débarquement avant d'avoir conquis le territoire. Ceci dit, le titre dispose d'une bande sonore intéressante. Les bruitages sont dans l'ensemble réussis et les musiques peuvent être entraînantes. Cependant, se retrouver avec un son similaire à celui des films Pirates des Caraïbes alors qu'on n’arrive pas à faire faire 100 mètres à son équipe sans que les unités perdent la moitié de leur vie, ou se perdent totalement à l'opposé du point de ralliement qu'on leur a indiqué, ce n'est pas forcément ce qu'il y a de plus réconfortant. Du côté des graphismes, c'est moche. On n’a pas l'impression de jouer à un titre sorti en 2012. L'écran de jeu est simple, mais fait vieillot, le réticule de visée est ridiculement old school. Les textures font grasses et les finitions sont plutôt grossières. Ajoutez à cela un aliasing plus que conséquent ainsi qu’une très faible diversité de troupes, et on obtient un jeu très fade.

Point complet
Incompréhension. C'est le mot qui vient à l'esprit une fois qu'on a joué à ce jeu. En effet, Bohemia Interactive Studio, connu pour confectionner des titres ultra exigeants qui se veulent réalistes au possible, se casse les dents sur ce Carrier Command : Gaea Mission. Même le début aux allures de FPS, ce qui est pourtant leur spécialité, est ridiculement catastrophique. On a un titre plus que quelconque, bien trop long pour ce qu'il a à proposer. Pourtant, sur le papier, le concept était plus qu'intéressant... Mais en combinant une maniabilité ratée, une IA totalement dénuée de bon sens, un jeu répétitif au possible, des graphismes crades et un scénario absent, on obtient une grosse déception. Tout n’est pas à jeter pour autant, mais retrouver autant de tares dans un seul et unique jeu relève d’un gâchis sans nom.

On a adoré :
+ Bande son sympathique
+ Le mélange action/stratégie
+ Les liens entre les éléments
+ Le switch entre les unités
+ Plein d’idées…
On n'a pas aimé :
- Mal concrétisées
- IA alliée consternante
- IA ennemie décevante
- Ultra répétitif, trop long
- Fade graphiquement
- Passage FPS catastrophique
- Plus de frustration que de plaisir de jeu


Consulter les commentaires Article publié le 17/01/2013 par Manuel-Ange A.



 
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