Test BioShock Infinite - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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BioShock Infinite



Editeur
2K Games
Développeur
Irrational Games
Genre
FPS
Statut
Disponible
Date de sortie
  26.03.2013
  26.03.2013
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI
Résolutions gérées
720p, 1080i, 1080p

Les cités utopistes, c'est un peu le dada de BioShock. Le premier opus, sorti en 2007, plongeait le joueur à quelques 20 000 pieds sous les mers, dans la fabuleuse Rapture, véritable mégalopole sous-marine dévastée, imaginée et construite par quelques idéologistes dérangés. Aujourd'hui, BioShock Infinite laisse place aux cieux de Columbia, véritable paradis au-dessus des nuages. Cet amas d'îlots flottants grouille de vie et d'amour… Du moins, c'est la première image qu'il donne. Mais qu'en est-il vraiment ?

S'envoyer en l'air !




Booker DeWitt est un ancien militaire qui noie son passé dans l'alcool et les jeux. Accumulant avec les années une dette grandissante, il saute alors sur l'occasion quand un contrat mystérieux lui est donné. « Ramenez la fille et nous effacerons la dette », lui dit-on. L'occasion ne se représentera pas de sitôt et il le sait. Il s'engage alors à ramener cette fameuse Elizabeth, et se prépare au pire. Nous sommes en 1912, au large du Maine, Booker DeWitt est assis à l'arrière d'une barque sous une puissante tempête. Devant lui, un couple en ciré jaune se chamaille tout en menant l'homme vers un phare perdu au milieu des eaux agitées. Une fois débarqué, les transporteurs font demi-tour sans porter plus d'attention à l'homme qu'ils viennent de déposer et repartent se perdre dans cette nuit terrible. Très vite, notre héros sent que les choses ne vont pas se dérouler sans mal et s'envole au-dessus des nuages pour atterrir dans un petit coin de paradis. Un sentiment de bonheur et de plénitude semble emplir la population locale. Les enfants jouent, sautent dans les flaques d'eau, pendant que leurs parents discutent et rient aux terrasses des cafés. Vous êtes arrivé à Columbia, soyez le bienvenu. Une tombola est organisée plus loin, il est même possible de gagner des lots aux stands de tir. Cet endroit qui a pourtant tout pour plaire dégage cependant quelque chose d'hostile, d'oppressant.

Perdu au milieu de cette populace joyeuse, Booker part à la recherche d'Elizabeth. Il a une mission, et il compte bien la mener à terme. Contraint à participer à un tirage au sort, il tire le gros lot et c'est alors que le rideau tombe. Ce rêve éveillé se transforme en cauchemar. Nous n’en dirons pas plus pour préserver la surprise. Ce qui marque dès le départ, c'est l'aspect artistique du titre. Certes, au niveau des graphismes, on dénote tout de même quelques défauts singuliers, comme des textures pâteuses ou des finitions à la hache, le tout étant dû à un moteur graphique vieillissant (l'Unreal Engine 3.0). Cependant, l'univers artistique est époustouflant, avec une architecture d'époque, riche et travaillée, qui offre un point d'immersion total quant au contexte et à la date des événements. Les rues pavées fourmillent de détails tout aussi immersifs. Alors que les gens sont occupés à discuter, flirter ou débattre ici et là, les oiseaux volent et chantent. Les cloches sonnent au loin, accompagnées des cris de joie d'enfants comblés. Les îles flottantes et les chevaux mécaniques apportent une touche fantastique agréable. Les pancartes disséminées un peu partout font l'apologie de la religion et du patriotisme. Elles montrent une ville propre, lavée de tout péché. Les gens prient aux pieds des statues géantes. L'ambiance construite est poussée à un seuil plus qu'impressionnant. Les musiques, toujours aussi prenantes que dans les précédents BioShock, se veulent être d'époque et de circonstance, avec quelques extravagances inscrites dans la trame scénaristique du titre pour parfaire le tout.

Ce qui se semblait être un monde rêvé, commence doucement à éveiller les soupçons. Un univers beaucoup trop exceptionnel pour être exempt de défauts. Et le joueur s'en rendra compte très vite. L'endroit est en fait victime d'une violente guerre civile. Avec la partie ultra nationaliste, vouée entièrement aux pères fondateurs, adorateurs ultimes du prophète Comstock, véritable envoyé des dieux qui tient ses fidèles d'une main de fer. Et de l'autre côté la Vox Populi, anarchistes révoltés, qui luttent contre les ségrégations et la pauvreté, unis derrière une figure emblématique, Daisy Fitzroy. L'écriture du scénario est travaillée, plausible. Il y est dépeint une société totalitaire, idéalisée par un symbole fondateur incontestable, le Prophète. Pourvu de quelques anachronismes et autres cabrioles voulus, le jeu garde sa saveur cohérente et riche de bout en bout. Il se permet même des petites phases humoristiques lors des apparitions soudaines et saugrenues de Rosalind et Robert Lutèce, un couple haut en couleurs qui se charge d'ironiser les passages les plus durs. Dans cette aventure, on est très vite rejoint par Elizabeth, qui s'avère être d'une aide inestimable en toute circonstance. Cette jeune femme pleine de vie est curieuse d'un rien, elle vague à ses propres occupations pendant les phases libres et ne se contente pas de suivre bêtement le joueur. Elle se permet même quelques petits traits caractériels, en se bouchant par exemple le nez en entrant dans les toilettes publiques, ou en se cachant le visage dans une maison enfumée.

Une aventure merveilleuse




De plus, elle peut ouvrir des failles à travers l'espace et le temps, ce qui s'avèrera très utile en temps de combat pour faire apparaître des points d'accroche ou encore des armes automatiques qui tireront à vue. Ce don est crucial pour l'avancée dans l'histoire. D'ailleurs, elle ne reste pas là à se rouler les pouces pendant que Booker fait le ménage, elle fournit munitions, trousses de soins et potions de Cristal en plein combat pour soutenir son preux chevalier. Elle peut aussi crocheter les serrures, si des crochets lui sont fournis, d'où l'intérêt de rester alerte et de fouiller les moindres recoins. Bref, elle est efficace, elle a un sacré tempérament et une soif immuable de liberté. Décidément, cette Elizabeth a tout pour plaire. Les combats sont expéditifs et explosifs. BioShock n'est pas connu pour être un FPS fin et il continue dans sa lancée en apportant quelques améliorations intéressantes. Les différentes armes, plutôt classiques (Fusil de précision, Pistolet, Lance-grenades ou encore simple Mitrailleuse), sont assez variées et complémentaires, mais n'apportent pas nécessairement de folles sensations. Étant donné que Booker ne pourra en transporter que deux à la fois, il faudra choisir entre la distance, les dégâts et la cadence de tir pour obtenir un arsenal efficace. Bien sûr les pouvoirs sont aussi de la partie. Exit les plasmides sous seringues de Rapture, ils laissent leur place aux toniques, à boire en bouteille. Ces 8 sorts varient de la simple et primaire boule de feu, à la nuée de corbeaux ou encore la possession de machine, voire d'ennemis.

De plus, il est possible de fabriquer des pièges avec ces pouvoirs en les chargeant plus longtemps avant de les lancer, moyennant bien sûr plus de Cristal. Il sera possible de les améliorer en se dirigeant vers les distributeurs spécialisés, contre quelques pièces évidemment. À noter aussi qu'un petit bouclier viendra augmenter votre espérance de vie, avec un seuil de dégâts plutôt faible, mais non négligeable dans les difficultés les plus ardues. Ce que certains pourraient prendre comme un point noir se révèle en fin de compte agréable. Le rythme, qui se présente tantôt très soutenu et brutal, tantôt porté vers la trame et la contemplation, fournit une saccade construite et des moments de répits entre de nombreuses batailles, pour se focaliser sur l'écriture forte habile de l’histoire. Pour apporter un peu de finesse et de légèreté, le titre s'est vu agrémenté d'un système de rails aériens (Sky-line) pour les déplacements rapides. Pour se faire, il faudra être équipé d'un Sky-Hook, sorte de gant à hélices aimantées qui permettent aussi bien de s'accrocher aux rails pour y glisser avec classe tout en vitesse, que de décapiter et tronçonner les malheureux qui oseraient s'approcher un peu trop près (provoquant de ce fait effusions de sang et pertes de membres). Ces Sky-lines seront très utiles pour se déplacer vite d'un point à un autre, pour chercher munitions, vies, voire un peu de répit durant un combat acharné. Pour fignoler encore un peu, il sera possible d'améliorer ses compétences au corps à corps ou sur la Sky-line en choisissant parmi de nombreux équipements cachés partout sur Columbia, à collecter avec soin.

Qui dit combat, dit ennemi, et c'est quand même une population très limitée qui nous fait face… À commencer par la Police locale, pour aller jusqu'aux miliciens personnels de Comstock ou de la Vox Populi. On se permet tout de même le luxe d'avoir quelques personnages singuliers, comme les Crows, qui disparaissent en nuées de corbeaux pour réapparaître à côté du joueur, les Motorized Patriots, statues mécaniques géantes à l'effigie de George Washington qui font de sévères dégâts avec leur Gatling lourdes, ou encore les Handymen, l'unité la plus prompte à succéder au célèbre Big Daddy, avec sa force colossale et sa rage immensément triste. Malgré tout, la progression est très dirigiste, amoindrissant l’aspect de l’exploration et de la découverte. Cela dit, il ne faudra pas se précipiter pour autant car le jeu est parsemé de Voxaphones (80 au total) qui apportent une petite indication audio non négligeable sur les personnages, leurs actions et leur passé. On trouve aussi de petits films plus portés sur l'endoctrinement du peuple. Il y a de quoi parfaire une trame scénaristique déjà bien fournie et récompenser les plus curieux. Il faudra entre une dizaine et une quinzaine d'heures de jeu, selon la difficulté choisie, pour en faire le tour. Disons que c’est une durée de vie plus qu'acceptable pour un shooter, surtout à notre époque. A noter enfin qu'une difficulté supplémentaire est réservée aux plus téméraires. A débloquer suite à une simple manipulation, le mode 1999 vient épicer encore un peu plus l'aventure avec des ennemis plus dangereux et des dégâts abaissés. Cela devrait ravir les vieux de la vieille appréciant le challenge.

Point complet
Ce BioShock Infinite s'avère être l'une des principales sorties de ce début d’année 2013, et il tient plus que ses promesses. Irrational Games a fourni un travail titanesque quant à l'élaboration artistique de son titre, son écriture et ses personnages. Le studio a réussi l'exploit de tendre vers un univers totalement nouveau, sans perdre les atouts premiers qui ont révélé la série. Les fans trouveront d'ailleurs quelques clins d'oeil savamment exposés en souvenir de Rapture. Le véritable défaut notable, c’est le manque cruel de liberté, cruel dans le sens où une telle qualité favorise le vagabondage. Cependant, la trame est tellement bien construite qu'on peut se permettre de passer outre cette petite contrariété, sans compter que le personnage d'Elizabeth vient redorer le blason de l'I.A. Il mériterait amplement le titre de second rôle aux Oscars du jeu vidéo. En bref, tout n’est pas absolument parfait, mais ce BioShock Infinite est une véritable bombe !

On a adoré :
+ Elizabeth, cette femme !
+ Univers travaillé
+ Les combats mouvementés
+ Columbia, un nouveau haut lieu
+ Direction artistique magistrale
+ Histoire prenante
+ Le mode 1999
+ Durée de vie acceptable
+ L'humour en toute circonstance
+ L'association arme/tonique
On n'a pas aimé :
- Pas assez de liberté
- Faiblesses techniques
- Bestiaire trop pauvre
- Peu de sensations (armes)


Consulter les commentaires Article publié le 10/04/2013 par Manuel-Ange A.



 
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