Test Alpha Protocol - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Alpha Protocol



Editeur
Sega
Genre
Action Jeu de rôle (RPG)
Statut
Disponible
Date de sortie
  28.05.2010
  01.06.2010
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI

En mars 2008, Sega a dévoilé une toute nouvelle licence répondant au nom d’Alpha Protocol. Développé par Obsidian Entertainment, à qui l’on doit notamment Star Wars : Knights of The Old Republic II : The Sith Lords et Neverwinter Nights 2, ce projet s’annonçait plutôt ambitieux, à tel point que l’éditeur l’annonçait déjà comme le jeu de l’année 2009. Mais le développement a connu quelques difficultés et a traîné en longueur puisque le soft a été repoussé de près d’un an et demi. Deux ans et des poussières après son annonce, l’action-RPG teinté d’espionnage est enfin sorti. Reste alors à voir si toutes les promesses ont été tenues et si le délai a été profitable au titre ou s’il traduit un développement chaotique…

Croisements entre Mass Effect, Fisher, Bourne, Bauer…




Propulsé dans le corps de l’agent Michael Thorton, une recrue de l’Alpha Protocol (une organisation secrète veillant à traiter les affaires délicates en toute discrétion), on commence l’aventure avec un petit didacticiel à peine masqué servant d’entraînement afin de se faire la main. Le scénario commence déjà à se mettre en place et on découvre l’un des atouts principaux de cette nouvelle franchise : le choix. En effet, les dialogues sont interactifs et demandent régulièrement de choisir une attitude à adopter pour la réponse qui va suivre ou un sujet à aborder. Dans l’idée, on pourrait se dire qu’il ne s’agit ni plus ni moins que du système de Mass Effect. Dans la pratique, c’est effectivement le cas à quelques détails près. En effet, chaque décision doit se prendre rapidement, un court laps de temps étant accordé pour choisir avant que ne soit validée la réponse présélectionnée. Certes, on peut se dire qu’il s’agit simplement d’un moyen de pression sur le joueur. Mais cela va plus loin puisque chaque choix a une réelle implication sur le déroulement de l’histoire à court et même à long terme. En effet, selon son attitude, son interlocuteur peut aussi bien devenir un adjuvant qu’un opposant. De même, selon sa curiosité, on peut établir des liens plus solides avec certains individus, récupérer des informations supplémentaires, des bonus, etc.

Et c’est bien loin d’être accessoire puisque, outre le fait de pouvoir draguer en prenant un ton suave jusqu’à conclure, il est possible d’épargner un ennemi qui devient une sorte de joker par la suite, de se mettre dans la poche certaines personnalités, etc. Les choix ne sont pas à prendre à la légère et certains posent même des cas de conscience, notamment lorsqu’ils concernent la morale. Pourrait-on avoir besoin d’un PNJ particulier ? Peut-on se permettre de s’en passer ? Les questions qui traversent le joueur sont fréquentes. Toutefois, le temps imparti fait pression et il n’est pas rare parfois de se précipiter et de regretter un choix, surtout que cerner un caractère demande un peu de temps, ce qui est incompatible avec ce système de temps. Le bon côté, c’est qu’il n’y a pas de temps mort, tout s’enchaînant assez bien. De plus, le scénario s’adapte à chaque nouvelle situation, tout comme l’avancée, ce qui offre une rejouablité certaine. Au niveau du récit à proprement parler, jeu d’espionnage oblige, on a le droit à des histoires de conflits internationaux, de menaces, de trahisons, de rebondissements, de retournements de situations, etc. Assez complexe, parfois un peu confus, il reste un fil conducteur appréciable qui donne l’envie de continuer l’aventure, et ce même si certains le trouveront souvent assez classique pour le genre, voire parfois plat.

De bonnes idées…




Dans tous les cas, personne ne peut nier que les éléments scénaristiques sont nombreux et que sa richesse est un plus non négligeable, notamment lorsqu’on fait preuve de curiosité et que l’on s’arrange pour glaner un maximum d’informations. Ceci permet en plus de récupérer divers dossiers détaillés. Les dialogues quant à eux sont très bien écrits. On retrouve de l’humour, de la finesse, des répliques recherchées. Le tout est appuyé par une version originale anglophone des plus correctes accompagnée de sous-titres en français. En revanche, les non anglophones regretteront amèrement la vitesse élevée du défilement du texte puisqu’il est parfois difficile de suivre ce qui est écrit tout en sachant que l’on n’a qu’une poignée de secondes pour sélectionner un choix. Enfin, pour en terminer avec ceux-ci, notez qu’ils permettent aussi de rapporter des bonus de statistiques et des points d’expérience. Car, il ne faut pas l‘oublier, Alpha Protocol est avant tout un action-RPG. Même si dans son déroulement il est très orienté action (à la troisième personne), il permet de personnaliser son personnage, de répartir des PA (à débloquer) afin d’améliorer ses caractéristiques et même de débloquer des compétences spéciales à utiliser avec parcimonie. Le concept est plutôt classique pour le genre, mais il n’en est pas moins efficace, surtout que là encore on a le choix pour peaufiner le profil de son héros.

On peut donc opter pour une orientation plus infiltration ou une orientation plus musclée. Dans les deux cas, il ne faut surtout pas négliger les autres caractéristiques, sans quoi certains passages contre plusieurs ennemis ou les boss par exemples peuvent vite devenir énervants… Du coup, on se retrouve avec un système un minimum bancal qui est entaché par de plus gros défauts. A commencer par une visée d’un autre âge accompagnée d’une intelligence artificielle catastrophique. Même si parfois elle parvient à faire preuve d’un peu de bon sens, généralement, on observe des ennemis qui ignorent les alertes, qui attendent que vous tiriez sur eux, qui visent comme des pieds, qui oublient que vous étiez là il y a quelques secondes, etc. En renforçant un peu la vie de l’agent et en optant pour un équipement adéquat, il devient très facile de foncer dans le tas et plus pratique de se défaire de ses opposants au corps à corps. D’ailleurs, l’idéal c’est d’essayer de jouer l’infiltration, de profiter du système de combat dynamique et, surtout, d’utiliser le moins souvent possible les armes. Petite mention aussi aux mini-jeux pour débloquer des portes, déverrouiller un PC, éteindre une alarme, etc., qui permettent de varier les plaisirs dans un premier temps, mais qui deviennent assez redondants par la suite si on n’améliore pas les caractéristiques de son personnage par rapport à cela.

Un goût de bâclé !




Reste que les férus d’action les prendront au risque de voir des impacts très mal gérés. Enfin soit, le choix est là. Il agit sur la durée de vie puisque celle-ci varie entre une quinzaine (un peu moins en allant vraiment à l’essentiel) et une vingtaine d’heures selon que l’on écourte ou non les dialogues, que l’on fonce dans le tas, que l’on cherche à découvrir les divers bonus éparpillés, etc. La rejouabilité vis-à-vis des choix et la possibilité de débloquer un profil vétéran pour accroître un minimum la difficulté assurent l’amortissement de l’achat. Il est en tout cas appréciable d’avoir une progression qui ne soit pas extrêmement linéaire, de pouvoir choisir l’ordre des objectifs à accomplir, de se retrouver dans des lieux aménagés par l’organisation avec des ordinateurs surpuissants pour consulter ses mails (certains sont de véritables perles) ou encore accéder à un service d’échanges pour l’équipement, en plus des meubles et autres coffres renfermant un arsenal varié avec armes en tous genres personnalisables et divers gadgets. Tout le système est basé sur l’argent, à récolter ci et là, et plus vite on a du cash, plus vite on a un équipement performant et plus vite on progresse sans difficulté…

Enfin, quand les soucis de collisions ou encore le système de couverture ne font pas des leurs. Si les développeurs ont eu la bonne idée d’intégrer un système de couverture assez proche de ce que l’on peut voir dans les TPS classiques, il faut bien reconnaître qu’ils auraient mieux fait de s’abstenir ou de bien le travailler. On se retrouve dans des positions où le héros ne se met pas à couvert alors qu’il le devrait, où il se retrouve bloqué, où il est incapable de tirer alors que rien ne l’en empêche, etc. Cela laisse un goût d’inachevé qui, malheureusement, est assez général. En effet, aussi sympathique que puisse être le jeu, on ne peut pas passer à côté du gameplay rendu bancal par une caméra beaucoup trop proche et par des incohérences, comme l’impossibilité de sauter ou d’enjamber des obstacles. Les murs invisibles trahissent une réalisation datée soutenue par de nombreux bugs. Quand les textures ne sont pas grossières, elles s’affichent avec plusieurs secondes de retard, le frame rate souffre le martyre et on se demande ce que les développeurs ont fait avec l’Unreal Engine. Fort heureusement, le jeu n’est pas horrible mais il vacille beaucoup entre le correct et le moche.

Les environnements sont inégaux, comme les modélisations ou les textures, et le tout transpire la réalisation bâclée. Et ce ne sont pas les animations directement sorties des productions des précédentes générations de consoles qui nous contrediront. Le bon côté, c’est que c’est tellement risible que certains éclateront de rire en voyant Thorton se déplacer. Le design ne rattrape malheureusement pas le tout puisque celui est beaucoup trop passe-partout et plat pour convaincre. N’ayons pas peur des mots : cela manque clairement de charisme ! Heureusement que l’orientation espionnage et l’univers sauvent le titre afin d’assurer un minimum d’immersion. Alpha Protocol est l’exemple même de la bête dont la beauté est intérieure. Précisons toutefois, que le début de l’aventure, comme bien souvent, est en retrait (sans être mauvais) par rapport à la suite. C’est vraiment quand on a passé l’Arabie Saoudite que l’expérience devient des plus intéressantes, surtout quand on passe par Rome, Moscou ou encore Taipei.

Point complet
Alpha Protocol est un jeu très intéressant qui profite d’un univers travaillé et d’un système de choix qui a un véritable impact à court et à long terme sur l’aventure. Si la durée de vie flirte en moyenne avec une quinzaine à une vingtaine d’heures selon son style, la difficulté et la curiosité, la replay value est suffisamment bonne pour amortir largement l’achat. Mais aussi bon soit-il, on ne peut négliger tous les gros défauts qui entacheront l’expérience de beaucoup. Bugs, animations ridicules, réalisation dépassée, retards d’affichage des textures, I.A. désastreuse, système de couverture, character design fade, visée, frame rate, caméra trop proche, etc., voilà autant d’éléments qui permettent d’affirmer que le développement, qui a déjà traîné en longueur, a finalement été bâclé pour arrêter les frais. Et c’est vraiment dommage car en passant outre ces défauts, on découvre une excellente expérience que l’on a envie de suivre jusqu’au bout, et même de recommencer. Tous les éléments pour faire un bon action/RPG sur l’espionnage sont là même si certains sont mal intégrés. Enfin, le soft reste jouable une fois que l’on s’accommode des défauts liés au gameplay, l’évolution est intéressante et on parvient même à s’amuser, surtout que le tout n’est pas des plus linéaires. Maintenant vous avez donc le choix : vous arrêter à l’enrobage et laisser passer une bonne expérience comme on n’en fait plus beaucoup, ou passer outre et découvrir un titre « beau intérieurement » avec notamment des dialogues de qualité ou encore l’approche infiltration qui est à préférer à l’action pure et dure.

On a adoré :
+ Véritable impact des choix
+ Univers riche en détails
+ Plein de bonus à débloquer
+ Contexte de l’espionnage travaillé
+ Rebondissements et co
+ Les gadgets
+ L’évolution du perso et de l’arsenal
+ Bonne rejouabilité
+ Les dialogues et mails
+ Jouer l’infiltration
+ Les combats au corps à corps
+ Version anglophone correcte
+ Sous-titres français…
On n'a pas aimé :
- Qui défilent bien vite
- Le système de couverture pas au point
- Les gunfights
- L’intelligence artificielle désastreuse
- Réalisation bâclée
- Les animations
- La caméra
- De nombreux bugs
- Le character design


Consulter les commentaires Article publié le 14/06/2010 par Vincent P.


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