Test Alan Wake - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Alan Wake



Genre
Action Aventure Survival Horror
Statut
Disponible
Date de sortie
  14.05.2010
  18.05.2010
  27.05.2010
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI
Thème
Enquête Fantastique
Résolutions gérées
720p, 1080i

En mai 2005, Remedy Entertainment a annoncé un tout nouveau jeu répondant au nom d’Alan Wake. Différent des deux excellents Max Payne que le studio avait produits, celui-ci s’annonçait comme un thriller psychologique tirant vers le survival horror. Exclusif à la Xbox 360, le titre a souffert de bien des reports pour finalement débarquer sur nos consoles cinq ans plus tard. Le studio voulait prendre son temps pour rendre une copie qui soit la plus satisfaisante possible et Microsoft Games l’a soutenu en lui laissant carte blanche. Reste alors à voir si ces cinq années de développement ont permis à Sam Lake et toute l’équipe de Remedy de sortir un titre incontournable, comme le laissait présager le matraquage publicitaire à grands renforts de déclarations, informations et autres médias.

Le jeu du livre dont vous êtes le héros




Alan Wake est un écrivain célèbre en manque d’inspiration qui part pour Bright Falls, une région américaine montagneuse, pour se ressourcer avec sa femme Alice. Loin de la ville, de la pollution, de ses fans hystériques et de sa machine à écrire, il pense pouvoir prendre du bon temps… Mais sa compagne lui a réservé une petite surprise et les événements s’enchaînent immergeant le joueur dans le récit. Plusieurs surprises sont vite dévoilées et une ombre mystérieuse représentant les ténèbres se mêle à la fête pour lui dérober sa moitié. Les idées encore bien mélangées, notre personnage aux allures d’homme totalement banal devient rapidement le héros de sa propre histoire. Même si le clavier brûle nos doigts pour vous montrer toute la profondeur du scénario et le génie créatif de Sam Lake, nous nous refusons à écrire un mot de plus qui pourrait vous spoiler sous peine de réduire considérablement le plaisir de la découverte. Si Alan Wake fait penser à juste titre à un survival horror, il est bel et bien défini comme un thriller psychologique. Sur ce point, Remedy Entertainment n’a pas menti. Vacillant toujours entre la réalité et la fiction, offrant des sauts dans le passé avant de nous ramener à la réalité du présent, le fil scénaristique accroche le joueur et ne le libère qu’à la fin de l’aventure.

Fin, bien écrit et intéressant, il offre une plongée dans les dédales de l’esprit, remet en cause la notion de la perception de soi, reprend avec brio les bases du fantastique et bafoue les principes anciens du héros en en présentant divers aspects, pas forcément les plus élogieux. Mature, complexe et présenté comme un puzzle à reconstituer, une clé de l’énigme globale étant accompagnée de nouvelles zones d’ombre, il rythme parfaitement cette escapade dans la peau d’Alan, montrant à la fois ses bons et mauvais côtés. Les rebondissements sont nombreux, certaines situations tirent sur des cordes déjà éprouvées mais le résultat final est sans appel : l’intrigue place le titre sous le feu des projecteurs. Avec un jeu sur la conception simpliste de l’ombre et de la lumière, le studio réussit à produire un véritable thriller profitant d’une mise en scène de grande qualité. Les cinématiques accentuent les émotions, les cut-scenes font la lumière sur des portions de scénario et le tout est agrémenté de divers détails distillés un peu partout dans le jeu, allant des textes à découvrir sur divers panneaux de Bright Falls à des pages du script à récolter tout au long de l’aventure. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et ils amènent à la fois de la richesse à l’univers et des détails quant à leur personnalité et celle de notre écrivain.

Sombre folie




Les dialogues sont d’ailleurs particulièrement savoureux et les plus cinéphiles, tout comme les plus littéraires, retrouveront des noms connus ou encore des clins d’œil. Des scènes, comme l’envolée des oiseaux qui n’est pas sans rappeler Les Oiseaux d’Alfred Hitchcock, donnent un cachet à l’ensemble. Le travail réalisé sur l’histoire est vraiment minutieux et les clins d’œil sont extrêmement nombreux. Pour profiter de toute la richesse de l’univers, nous ne pouvons que vous conseiller d’allumer les postes de télé et de radio présents ci et là, de vous approcher des PNJ pour glaner quelques informations et de ne pas hésiter à sortir quelque peu des sentiers battus. Les plus observateurs qui feront attention à tout le travail réalisé sur la mise en scène ne tarderont pas d’ailleurs à constater que les développeurs ont aussi beaucoup d’humour. Au niveau de la construction du jeu, cela n’échappera à personne, Alan Wake reprend le principe des séries télévisées ou de certains films en plusieurs parties avec une découpe de l’aventure en six épisodes, chacun étant introduit par un résumé du précédent. Le système fait mouche et se révèle fort pratique si l’on désire étaler le plaisir de la découverte sur plusieurs sessions de jeu, un épisode demandant en moyenne une heure, pour un habitué avançant à un rythme soutenu sans pour autant aller à l’essentiel, à deux heures pour un amateur qui s’arrêtera ci et là pour profiter des moments calmes ou qui éprouvera quelques difficultés à avancer.

Pour ceux qui feront le jeu d’une traite, il est toujours possible de les passer en appuyant sur une touche pour continuer l’aventure sans pour autant casser le rythme. Toutefois, la durée de vie est bien courte puisqu’il est possible de le terminer en mode difficile en un peu moins de six heures, sans encombre et en s’intéressant à la recherche des pages du manuscrit et des postes de télé et radio. Bien entendu, certains mettront certainement une à trois ou quatre heures de plus selon leur affinité avec le genre, leur niveau ou encore la manière d’avancer (pour peu qu’ils s’attardent sur le paysage ou dans les moindres recoins). Le bon côté, c’est que les acheteurs d’un exemplaire neuf pourront télécharger gratuitement le premier DLC, ce qui prolongera cette durée de vie bien faible. Mais les regrets ne s’arrêtent pas là puisque la difficulté est bien basse pour un joueur confirmé et que le mode cauchemardesque, qui offre un challenge un peu plus relevé sur les épisodes quatre et cinq principalement (mais loin d’être insurmontable), est obligatoirement à déverrouiller après avoir terminé une première fois le jeu. Ce système permet aussi d’intégrer une replay value discutable puisque ce mode de difficulté maximal contient des pages inédites du manuscrit, qui reste donc incomplet sans terminer une deuxième fois le soft.

Un gameplay très Obscure




Or, toute la richesse du jeu et le plaisir qu’il procure viennent de la découverte de son scénario, du suspense et de l’envie de continuer qu’il suscite à chaque instant. Le recommencer engendre une certaine frustration puisque le gameplay est loin d’être à la hauteur. Les chasseurs de succès feront très certainement la moue (l’un d’eux demandant d’ailleurs de venir à bout du jeu sans recommencer ni mourir)… En effet, Alan Wake a beau être présenté comme un thriller psychologique, il est et reste avant tout un jeu vidéo. Or, le système de jeu est totalement banal et redondant. Bien que le titre soit parfaitement jouable d’un bout à l’autre de l’aventure, le gameplay repose sur un concept quelque peu emprunté à Obscure : les ennemis représentent les ténèbres et il est impératif de les exposer à la lumière pour s’en débarrasser ou de les affaiblir avant de les dézinguer. Armé d’une lampe torche, de piles et d’un pistolet, Alan peut éliminer les adversaires en concentrant la lumière sur eux pour les déposséder (ce qui fonctionne aussi contre les esprits frappeurs s’emparant d’objets du décor – bulldozer, barils, portes, etc. –) avant de leur coller quelques balles dans le corps. Fragile, peu endurant malgré quelques sprints salvateurs pour rejoindre une douce lumière protectrice, notre héros a à sa disposition un arsenal limité, à peine enrichi d’un fusil, un fusil à pompe, de feux à main, de grenades immobilisantes et d’un pistolet muni de fusées de détresse.

En sus, la progression de chaque épisode est relativement similaire puisqu’il alterne les passages en milieux urbains et les longues promenades en milieu boisé. Les énigmes pour débloquer une situation sont extrêmement basiques et la progression se révèle être des plus linéaires et dirigistes. On va d’un point A à un point B, on a le temps de fouiller un peu l’environnement qui s’apparente à des couloirs tantôt restreints, tantôt plus ouverts, et on avance en étant pris par la main. Ce n’est pas mauvais, loin de là même, mais c’est bien trop simpliste et anodin à notre époque, surtout que le tout manque cruellement d’innovations. En effet, le gameplay et certains passages ne sont pas sans rappeler les Silent Hill ou les Obscure et certaines scènes mettant en avant des hallucinations rappellent sans mal les Max Payne (clins d’œil ou manque d’imagination ?). C’est d’autant plus frustrant que l’on sait que les développeurs ont eu cinq ans pour peaufiner leur bébé et que l’on se retrouve finalement avec un système de jeu lambda qui n’évolue quasiment pas au long de l’aventure…

Et la lumière fut !




Seuls quelques projecteurs à allumer, des véhicules à conduire à la maniabilité oubliable (une bonne partie du sixième épisode en devenant d’ailleurs pénible), des fils électriques statiques et quelques bonbonnes de gaz viennent varier les plaisirs, sans quoi on passe son temps à courir, reprendre son souffle, esquiver, pointer, tirer, courir, esquiver, etc. d’un checkpoint à l’autre. Fort heureusement, l’ambiance permet de remonter quelques peu le niveau, certains moments étant oppressants, d’autres plus reposants et les hallucinations plongeant dans des délires appréciables. La qualité de la bande sonore et le doublage français justement interprété rajoutent bien entendu une plus-value énorme même si les animations faciales laissent à désirer, au même titre que la synchronisation labiale. En revanche, les petits gars de chez Remedy Entertainment ont fait du bon travail en ce qui concerne les graphismes, même si tout n’est pas parfait. Bright Falls a un charme certain, les environnements sont de toute beauté, la profondeur de champ est satisfaisante, à tel point que l’on se surprend à admirer le paysage. Certains plans sont magnifiques et fourmillent de détails (la végétation par exemple), les jeux de lumières sont maîtrisés et les effets visuels enjolivent le tout.

Cependant, lorsqu’on s’attarde un petit peu sur les détails, on remarque une ou deux saccades ci et là, des retards d’affichage, des textures peu agréables à l’œil, quelques petites modélisations bâclées ou encore des bugs de collisions grossiers, même en pleine cinématique… Dommage car on aurait tendance à penser que les développeurs auraient dû peaufiner encore un peu plus leur soft malgré le temps déjà passé dessus. Enfin, il est inutile de cracher dans la soupe, visuellement, il s’en sort très bien et est même à classer entre le milieu et le haut du panier en étant un poil plus proche de ce dernier. Pour terminer, notons que le menu principal permet d’accéder à quelques bonus non négligeables (une fois ceux-ci débloqués). Ainsi, il est possible de refaire un épisode indépendamment des autres (idéal pour trouver les objets disséminés comme les téléviseurs, les radios, les pages du script ou encore les thermos de café – pour les succès –), de regarder les cinématiques pour avoir une sorte de mini-série complète, d’écouter les titres de la bande sonore et, bien entendu, de lire (et écouter) chacune des pages du script à collecter pour associer de nouvelles informations au noyau scénaristique déjà imposant.

Point complet
Alan Wake est une excellente expérience solitaire qui jouit d’un scénario mature, complexe, bien ficelé et surtout bien écrit. Enrichi par divers détails dans l’univers et par des pages de script à collecter, il propose un voyage fantastique dans la peau d’un écrivain torturé. En tant que thriller psychologique, il remplit totalement son contrat, surtout que les doublages français sont interprétés avec justesse, que les musiques sont géniales et que le titre s’en tire fort bien visuellement parlant (les effets visuels sont parfaitement maîtrisés) même si certains détails laissent à désirer. Seulement voilà, le bébé de Remedy Entertainment est un jeu vidéo… C’est là que le bât blesse puisque le titre est très dirigiste, très redondant, plutôt facile et vraiment court pour un jeu uniquement solo. En sus, le gameplay est non seulement très limité, mais en plus il n’est que peu innovant, empruntant allègrement des éléments aux Obscure et autres Silent Hill. Après cinq ans de développement, on pouvait s’attendre à autre chose qu’un système de jeu banal, pas mauvais pour autant, mais trop répétitif et simpliste pour convaincre. En outre, pour débloquer toutes les pages du script, il est nécessaire de finir une deuxième fois le jeu en difficulté cauchemardesque (loin d’être insurmontable), ce qui s’avère énormément frustrant une fois que l’on retire tout le suspense lié à l’histoire. Enfin, Alan Wake sera assurément un incontournable pour ceux qui ne désirent que découvrir une belle histoire riche en rebondissements et un univers travaillé, alors qu’il laissera un goût amer dans la bouche de tous ceux qui n’arriveront pas à totalement passer outre tous les défauts déjà cités…

On a adoré :
+ Scénario mature consistant…
+ Très bien ficelé…
+ Et plein de rebondissements
+ Mise en scène excellente
+ Ambiance réussie
+ Plein de détails et clins d’oeil
+ Doublages français de qualité
+ Bonus intéressants
+ Bande sonore géniale
+ Effets (lumières et fumées)
+ Visuellement satisfaisant…
On n'a pas aimé :
- Malgré quelques détails
- Gameplay très limité…
- Et peu innovant
- Très redondant
- Très dirigiste
- Plutôt court
- Plutôt facile
- Animations faciales
- Phases en véhicules oubliables
- Replay value discutable


Consulter les commentaires Article publié le 11/05/2010 par Vincent P.



 
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