[MXG+] XG Film Club - Power Rangers

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- Publiée le 07.05.2017, à 20:14
- Par Vincent P.
[MXG+] XG Film Club - Power RangersVous vous rappelez des années 90 ? Le Club Do, Dragon Ball Z, Les Chevaliers du Zodiaque, etc. C’est également à cette époque qu’a débarqué en France le successeur de Bioman : Power Rangers. Sentai japonais low budget comme l’archipel nippon en fournit des tonnes depuis la nuit des temps, la franchise tape dans l’œil de l’américain Saban qui en achète les droits pour l’adapter aux US. De la version japonaise ne sont conservées que les séquences en costumes : combats, batailles de robots géants, etc. Pour le reste, de nouvelles séquences sont tournées aux US, les acteurs japonais sont remplacés par des américains et l’action déplacée dans la ville fictive d’Angel Grove. Le succès est immédiat et fulgurant, les enfants adorent et les figurines se vendent par milliers. C’est donc sans surprise qu’en 1995 sort au cinéma Power Rangers le film. Encore une fois le succès est au rendez-vous et les fans apprécient cette version beaucoup moins cheap. Cependant les modes sont cycliques, tout finit par passer. Petit à petit la série perd en puissance, les histoires baissent en qualité et les changements incessants de version (nous en sommes à la 25ème actuellement !) pour vendre des jouets font que la lassitude gagne les fans. D’ailleurs le deuxième film Power Rangers est un échec cuisant dans les salles obscures. Aujourd’hui la série existe encore mais n’a plus l’aura d’antan. Son côté cheap et son ciblage sur les très jeunes ne l’aide pas vraiment à intéresser autre chose que les enfants. La licence conserve quand même un avantage : la nostalgie. Nombreux sont les trentenaires à se souvenir des 3 premières saisons (réputées comme les meilleures), du fameux ranger vert, de Rita Repulsa, des « transmutations demandées ». Alors comment réussir à réunir les nostalgiques barbus et les gamins qui regardent la série devant leur bol de Chocapic ? Réponse : un nouveau film. Annoncé plus moderne, plus sérieux, doté d’un budget conséquent et avec un scénario inédit qui reprend les bases de la série, Power Rangers 2017 affiche clairement ses ambitions : plaire au plus grand nombre. Alors est-ce que Saban et les studios Lionsgate ont réussi à résoudre l’impossible équation ? Plaire aux grands et aux petits… Transformer une franchise kitch en film moderne…

Go, go, Power Rangers




Jason a tout de l’ado américain parfait : beau gosse, dans l’équipe de foot, etc. Pourtant, un soir, le jeune homme fait une mauvaise blague qui tourne mal et qui se termine par un accident de voiture. Adieu la carrière de sportif, adieu l’image du mec cool et bonjour bracelet électronique et classe de retenue où il se retrouve avec les pires élèves du lycée. C’est pourtant grâce à sa nouvelle situation peu enviable qu’il va faire la connaissance de Kimberly et Billy, puis de Zack et Trini. Ensemble, ils vont découvrir dans une mine quelque chose laissé à l’abandon depuis des millénaires qui va changer leurs vies. Ils vont devoir devenir les Power Rangers et lutter contre une menace tout aussi ancienne que la source de leurs nouveaux pouvoirs. Mais est-ce qu’une équipe de débutants composée de 5 jeunes ados qui ne se comprennent pas vraiment peut rivaliser face à un adversaire sans pitié qui a déjà battu les précédents Rangers ? Ce Power Rangers version 2017 est un film très déstabilisant. Il surprend agréablement sur les parties où on l’imaginait médiocre et déçoit énormément là où on l’attendait de pied ferme. Long de 2 heures, le film de Dan Israelite a de quoi laisser dubitatif et peut être séparé en 2 parties. C’est sur la première que nous allons d’abord nous attarder, à savoir la rencontre et la formation des futurs Rangers. Dès le début du film, le spectateur est cueilli par une séquence aussi inattendue que réussie se déroulant bien avant notre ère dans laquelle on assiste à la défaite des Rangers.

A ce moment précis, le doute est permis, et si le film était bon ? Et s’il osait partir dans un côté sombre et mature ? Malheureusement il n’en est rien puisque nous sommes vite parachutés à notre époque où l’on va suivre pendant près d’1h30 la rencontre et la formation des Rangers. Une très longue intro qui va se révéler au final assez surprenante. Ne vous y trompez pas, nous sommes dans Power Rangers, les protagonistes sont des ados, en conséquence nous allons donc assister à du drama mâtiné d’éléments fantastiques. Du drama certes mais qui a le mérite d’être bien fait. Les 5 héros sont très différents, ils sont tous bien mis en valeur, chacun a un caractère qui lui est propre avec un trait dominant (Billy l’intello, Zack le marrant, etc.), chacun a sa propre histoire et il faut bien avouer que tout ça est assez plaisant à suivre malgré quelques longueurs. Alors que l’on s’attendait à un résultat bas de gamme et fait à la va vite, Power Rangers surprend et nous propose quelque chose de beaucoup plus travaillé que prévu. Que ce soit Jason, Billy, Zack, Kimberly ou Trini, chacun des personnages a une famille, des soucis et un minimum de charisme. Nous sommes bien loin de la série TV cheap et bien au-dessus de ce que peut proposer un Twilight et sa construction poussive. Autre élément bien fait et surprenant, l’introduction dans un univers réaliste de tout le côté fantastique de manière graduelle.

Nos jeunes héros vont d’abord trouver des sortes de pierres qui vont leur donner des pouvoirs puis un mystérieux vaisseau. Au sein de ce dernier, Alpha le robot et Zordon l’ex ranger rouge vont alors s’atteler à les convaincre d’accepter leur destin. Choisis pour devenir une équipe de héros, le film va opposer la relation parfois conflictuelle des 5 ados à la résurrection de la méchante. Et encore une fois, c’est surprenant. Oubliez la Rita Repulsa de la série qui faisait un peu « vieille sorcière folle surjouée de dessin animé », la nouvelle Rita est badass et très dangereuse. De plus, elle dégage vraiment quelque chose de menaçant, elle est effrayante et n’hésite pas à tuer. Saluons au passage la prestation d’Elizabeth Banks qui, même quand elle en fait des tonnes, reste convaincante. Le personnage de Rita est d’ailleurs tellement barré et méchant qu’il parait presque en décalage avec le reste du film, comme si un adversaire venu d’un film sérieux avait débarqué dans un film tout public. En ce qui concerne l’apprentissage des Rangers, Power Rangers prend le temps de nous décrire l’entrainement et les doutes des 5 jeunes gens, en confrontant plusieurs notions, comme le fait d’être choisi contre son gré pour être un ranger, arriver à concilier vie de famille/sociale et devoir supporter le poids de devenir un héros, etc. Ce qui fait qu’au bout de ces premières 90 minutes, on se surprend à développer un certain affect pour les personnages. Le petit air de Breakfast Club flottant constamment aide également à rentrer dans l’histoire qui, même si elle se veut clichée, affiche ses ambitions de poser les bases pour un univers cinématographique un minimum crédible. Cependant au bout de ces 90 minutes, toujours pas de Rangers en costume à l’horizon et assez peu d’action… risqué quand on sait que c’est sûrement là-dessus que le film était le plus attendu.

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Il faudra donc attendre la dernière demi-heure pour enfin voir les Rangers se battre en costume. Premier constat, visuellement, c’est très réussi. Certains reprocheront peut-être un côté trop comic book à l’ensemble mais à l’écran c’est convaincant et ça dépoussière méchamment les costumes spandex de la série. Idem pour les Zords qui abandonnent le côté maquettes cheap et qui sont ici réalisés en images de synthèse. Des Zords crédibles toujours sous forme de dinosaures qui peuvent évidemment s’assembler pour donner le fameux Megazord qui lui aussi a subi un relookage extrême. Oubliez le gros truc massif et peu flexible, place à quelque chose de plus Transformers dans le look. A première vue, cette remise au goût du jour s’annonçait prometteuse et pourtant, c’est sur ce point que le film va se vautrer. Pourquoi ?

Premièrement, les scènes d’action avec les Power Rangers sont décevantes. Si vous espériez voir 5 Rangers en armure défourailler de manière badass les sbires de Rita, oubliez tout de suite. Non seulement les rares séquences de combat (seulement 2) sont courtes mais elles ne sont en plus pas spécialement bien mise en valeur. Certains mouvements sont impressionnants mais dans l’ensemble, on reste en terrain connu. Visuellement c’est assez bien fait mais il manque LA séquence badass, celle dont on se rappelle même après être sorti du ciné (par exemple Quicksilver dans X-Men : Apocalypse). Il faut dire que l’aspect totalement random des ennemis aide peu à rendre tout ça mémorable. En effet, si Rita est très réussie, son armée de monstres semble faite à la vite. Et que dire de Goldar ! Méchant emblématique de la série, bras droit de Rita, il n’est ici qu’un monstre géant au look totalement loupé (une sorte de monstre ailé fait d’or liquide dégoulinant) dont l’unique utilité est d’obliger les Rangers à faire appel aux Zords. Des scènes en Zords d’ailleurs un poil longues, on aurait préféré plus de temps passé sur les Rangers ou le Megazord. Un Megazord qui aura droit à son combat final contre Rita/Goldar qui restera là encore un poil trop rapide malgré une mise en scène très réussie faisant ressortir toute la lourdeur et la puissance des coups donnés par le robot géant.

Le souci quand on fait un film de 2 heures nommé Power Rangers et qu’on attend la dernière demi-heure pour enfin montrer les costumes et les robots, c’est que le spectateur s’attend alors à un festival pyrotechnique, à une avalanche d’action bien pêchue. Hors ce n’est clairement pas le cas ici. Après avoir fait autant monter la sauce, on s’attendait à un final de folie mais le feu d’artifice tant attendu se transforme en lâché de pétards. Pour un peu, on en viendrait même à se demander si le film ne manquait pas un peu de budget pour sa partie action malgré ses effets spéciaux convaincants. Du coup que reste-t-il de ce Power Rangers après visionnage ? 1hr30 de drama pour ado avec une petite pincée de super hero movie et 30 minutes d’action plutôt décevantes. Du drama de bonne facture certes mais du drama quand même. Le coup des ados qui n’ont aucune raison de devenir potes mais qui finissent par surmonter leurs aprioris pour devenir amis et former un équipe c’est bien gentil, et même trop gentillet, mais c’est surtout déjà vu 1000 fois. A vouloir essayer de contenter tout le monde en incluant un côté plus adulte mais pas trop, en prenant assez peu de risques sur le côté drama pour attirer les jeunes, en proposant une action visuellement typée super héros pour attirer les fans du MCU/DCEU, etc., ce Power Rangers risque de ne finalement contenter personne. Il vaut mieux être bon dans un domaine que moyen partout. Loin d’être une réussite et encore moins un bon film, Power Rangers est sauvé du naufrage par certains partis pris et par une modernisation réussie, le tout permettant enfin à la licence de se débarrasser du côté cheap/bas de gamme qui lui collait à la peau.

On a aimé

On n’a pas aimé

Persos principaux plutôt réussis et assez bien mis en valeur
Le côté plus sérieux et adulte de l’ensemble
L’aspect visuel réussi
Du drama de bonne facture
Une Rita survoltée
Bonne gestion de l’univers Power Rangers
Séquences avec les Power Ranges décevantes
Scènes d’action trop courtes et pas assez fortes
Le côté « ados devenant amis dans l’adversité » vu et revu
Goldar totalement foiré comme les monstres de Rita
90 mins de drama pour 30 mins d’action sous morphine


La nostalgie est un poison
Derrière cette citation se cache peut-être le mal qui ronge Power Rangers. Quelles sont les limites de la nostalgie ? Série marquante pour toute une génération biberonnée au Club Do, Power Rangers reste, avec le recul, une série produite par une firme américaine pour proposer du contenu télévisuel fleuve peu qualitatif pas cher et pour vendre des jouets. Par conséquent, était-il bien raisonnable d’avoir de grosses attentes sur le film de 2017 ? On serait quand même tenté de dire oui puisque c’était enfin la chance d’avoir un produit Power Rangers correct. Il n’est pas difficile de comprendre ce qu’ont voulu faire les studios Lionsgate avec ce projet, à savoir disposer de sa propre licence super héros à moindre coût. Nous sommes dans l’ère où le MCU, le DCEU, l’univers X-men de la Fox, les Fast and Furious et même les prochains films de monstres d’Universal (La momie par exemple) proposent des univers cinématographiques sérialisés et forcément tout le monde veut sa part du gâteau. Malheureusement Power Rangers reste coincé entre un manque d’ambition et de moyens et l’envie de plaire à tout le monde, trentenaires nostalgiques comme enfants. Comme souvent au cinéma, le grand écart se fait dans la douleur et si le film n’est pas un échec complet, il reste très moyen. Trop moyen même, que l’on soit un vieux nostalgique ou un jeune enfant, difficile de trouver cette version 2017 vraiment convaincante. Les Power Rangers reviendront bientôt, une série de 6 films étant prévue, il ne reste donc plus qu’à espérer que les suites seront de meilleure qualité et surtout avec un meilleur équilibre entre les côtés drama ado/action. Difficile de se prononcer concernant le point de vue qu’aurait un enfant sur le résultat final mais en tant qu’adulte, il faudra quand même être assez bon public pour apprécier un minimum les 2 longues heures qui composent le film.

Critique rédigée par Damzema - Membre XG+

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VOS REACTIONS
Posté le 08.05.17 @ 09:54


Gamertag :
KILLER PIPO
Merde, maintenant j'ai envie de le voir celui la !
Posté le 03.12.18 @ 01:02

Je viens de finir de le mater et j'ai relativement apprécié. J'ai largement préféré le petit court métrage de Shankar mais le résultat de ce film est plutôt honnête. C'est plus mature, Rita est géniale et j'aime bien les acteurs. Par contre certains effets spéciaux sont loupés, là où d'autres sont très réussis, et les monstres sont merdiques. Par contre je te rejoins dam sur la proportion. Le film met trop de temps à faire intervenir les rangers pour un résultat à l'écran qui manque de punch. Au moins ça pose les bases de l'équipe et une fois le côté drama ado la vie c'est de la merde mis de côté (bien foutu soit dit en passant), je dois dire que ça me laisse entrevoir une suite qui pourrait bien être sympa. En plus je me suis lancé dans la lecture des comics de glenat et le tome 1 fait office de parfait support pour un deuxième film... 😁 surtout vu la fin cachée...

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