ClaC - Sword & Fairy 7 (PC)

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- Publiée le 08.04.2022, à 19:10
- Par Damien
Si on vous demande de citer une licence de RPG connue, personne ne sera étonné de retrouver parmi les différentes réponses les grands noms habituels : Final Fantasy, Mass Effect, Dragon Age, Dragon Quest, etc. Des licences phares, cultes, habituées à fournir les joueurs en grosses productions AAA. Bien sûr, il y a des outsiders mais ils n'ont clairement pas les mêmes moyens et proposent souvent des jeux moins ambitieux techniquement (ce qui n'est pas forcément un défaut, il suffit de jouer à l'excellent Disco Elysium pour s'en convaincre). Et puis il y a des inconnus, des jeux qui sont passés totalement sous le radar de beaucoup de joueurs. Aujourd'hui, nous allons parler de Sword and Fairy 7. Alors déjà, vous devez sûrement vous demander "mais d'où sort ce truc ?". Pour faire simple, disons que Sword and Fairy pourrait être considéré comme le Final Fantasy de l'Empire du Milieu. Créée et développée par le studio chinois Softstar, cette saga a commencé en 1995. 9 jeux principaux, 13 jeux spin-off (notamment sur mobile), plusieurs séries télévisées, Sword and Fairy (aussi appelée Chinese Paladin) est une grosse machine... en Chine. Alors comment expliquer qu'une telle saga soit totalement inconnue chez nous ?

La réponse la plus évidente est simple : la barrière de la langue. Les Sword and Fairy étant de vrais RPG, plutôt verbeux, sortir de tels jeux chez nous implique d'en faire une traduction qui sera forcément longue et coûteuse à produire. Disponible uniquement sur PC via Steam, un rapide coup d'œil sur les pages des différents jeux de la licence (entièrement présente sur Steam, du 1 au 7) permet de constater que seuls les deux derniers en date bénéficient d'une traduction et que cette dernière se limite à l'anglais (pour les textes et les menus, les voix restent en chinois). En conséquence, ceux qui sont allergiques à la langue de Shakespeare se verront dans l'obligation de passer leur chemin. Sword and Fairy 7 est sorti en octobre 2021, uniquement sur PC. Comme beaucoup, en grand amateur de RPG, j'ai décidé de me lancer à la découverte du jeu. Que vaut-il ? Est-il à la hauteur des grands noms du RPG réputés chez nous ? Apporte-t-il quelque chose de neuf ? C'est ce que nous allons voir dans ce ClaC.

La belle surprise venue de l'Empire du Milieu
Yue Qinshu est la seule et dernière représentante de la secte Mingshu (attention, le mot secte n'est pas utilisé ici de manière négative, il ne s'agit pas de choses comme le temple solaire, etc., mais d'un groupe d'individus suivant une même doctrine philosophique). Spécialisée dans le contrôle des esprits, elle ne se sépare jamais de Qioling son esprit servant utilisant la foudre et ayant l'apparence d'un oiseau. Quand elle découvre un étrange fruit doré duquel semble émaner une étrange force spirituelle, elle ne peut s'empêcher de mordre dedans. Un peu plus tard, l'étrange fruit se transforme, de ce dernier émerge Xiu Wu, une divinité qui se retrouve liée contre son gré à Yue du fait de la morsure dans le fruit. Mais comment Xiu Wu a-t-il atterri dans le royaume des Hommes ? L'attaque d'une bête vicieuse et surnaturelle qui, elle non plus, n'est pas censée se trouver là va déclencher une série d'événements. Que se passe-t-il entre les différents royaumes ? A quoi jouent les autres sectes ? Dieux, démons, humains, tous les destins semblent voués à s'entrechoquer avec le risque de relancer une grande guerre. Quand on regarde Sword and Fairy 7 (S&F7) de loin, on serait tenté de tomber dans des clichés aussi moisis que faciles. Un jeu chinois, uniquement sur PC, vendu 25 euros...

Certaines mauvaises langues se laisseraient aller à dire qu'il s'agit sûrement d'une repompe d’un autre jeu avec des graphismes moyens… Ce n'est clairement pas le cas et c'est la première grosse surprise. Techniquement, S&F7 est vraiment beau. Porté par l'Unreal Engine 4, il propose moult décors aussi variés qu'extrêmement détaillés. L'arrivée dans le petit village de Pingxi au début de l'aventure est un vrai régal pour les yeux tant ce dernier fourmille de détails avec ses pêcheurs, ses étals, les enfants qui jouent, les restaurants et les échoppes, etc. Par moment, on se croirait presque dans un Shenmue (l’interactivité en moins tout de même) tant certains lieux sont criants de vie et de réalisme. Mais ce n'est pas tout, côté personnages, le jeu s'en sort bien également. Si on regrette un peu des visages tirant un poil trop vers un aspect lisse style poupée de cire, il y a en revanche de quoi rester en admiration devant la qualité de la modélisation des vêtements.

Moqing, l'une des héroïnes du jeu, porte une robe avec plusieurs couches de tissus et une sorte de dentelle. A l'écran, il est assez bluffant de constater la transparence de la dentelle et la différence de texture entre les différentes couches de la robe. Toujours concernant l'aspect technique, signalons que si vous possédez une carte graphique prenant en charge le ray tracing, S&F7 n'en est que plus beau puisque ce dernier gère cette technologie comme rarement. Les réflexions sur le sol sont d'une qualité rare, les statues dorées deviennent infiniment plus belles et réalistes dans leur rendu, la glace arbore un aspect des plus naturels. Bref, sans être une vitrine technologique (quoi que, la question se pose concernant la gestion du ray tracing), S&F7 est un jeu dans l'air du temps, un RPG qui n'a pas grand-chose à envier aux autres grosses sorties AAA de 2020/2021.

Mais S&F7 ne surprend pas uniquement sur son aspect technique, il le fait aussi via tout le reste. Son gameplay, par exemple, ressemble à ce qui s'est fait sur les derniers gros Final Fantasy. Vous dirigez ici jusqu'à quatre personnages, chacun ayant des capacités qui lui sont propres. Xiu Wu est le plus puissant au corps à corps, Yue est efficace au contact mais aussi à distance grâce à la magie venant des esprits. Moqing est faible au combat mais extrêmement puissante en magie élémentaire. Et enfin Yo ne maîtrise aucune magie et ne se bat pas au corps à corps mais il compense grâce à la portée de son arbalète et à sa connaissance de l'utilisation de certains insectes et plantes pour par exemple empoisonner les adversaires. Quand un combat se déclenche, l'action se déroule en direct, sans transition. Une touche pour l'attaque forte, une pour l'attaque légère, un saut, un dash d'esquive et des compétences spéciales en raccourcis via les gâchettes. Pendant que vous dirigez un personnage, les trois autres sont gérés par l'IA. Bien entendu, vous pouvez changer de combattants à la volée. Un adversaire costaud ? Xiu Wu fera l'affaire. Un adversaire volant et agile ? Un petit switch sur Yo et son arbalète simplifiera les choses. De plus, chaque personnage peut faire des combos.

Visuellement, les combats du jeu sont vraiment dynamiques et les effets liés à la magie ou aux combos sont impressionnants. Les boules de feu pleuvent, les épées se multiplient à foison. Les combats de boss sont d'ailleurs particulièrement prenants. Il y a même des invocations qui font intervenir des dieux qui viendront se battre à votre place un court instant avec la possibilité de déclencher une attaque ultime dévastatrice. Comme le veut la tradition, avec leur montée en niveau, les personnages apprendront de nouvelles compétences. Concernant l'équipement, il faut bien évidemment acheter ou trouver différentes armes ou pièces d'armures mais S&F7 propose également du craft (uniquement pour les armes, c'est d'ailleurs ce dernier qui vous fournira les plus puissantes) et de la cuisine (de bons petits plats vous fourniront des buffs). Yue a quant à elle la capacité exclusive de se lier avec divers esprits et de les faire évoluer en les nourrissant afin qu'ils montent en niveau. Une montée qui permet à ces derniers de fournir des buffs passifs comme une meilleure résistance aux dégâts pour l'équipe ou un gain d'expérience boosté. Bref le système de jeu est fun, dynamique et prenant.

Elle a tout d'une grande
Solide techniquement, solide manette dans les mains, S&F7 transforme également l'essai sur les autres points importants pour un RPG : l'histoire et le contenu. Le jeu ne propose pas un open world mais une map divisée en plusieurs régions d'une taille respectable, ce qui permet un minimum d'exploration tout en évitant de proposer une map gigantesque remplie de vide. Ici tout est plutôt concentré. Les régions sont vraiment très différentes les unes des autres. Montagnes enneigées, jungle luxuriante, grande ville fortifiée, monde démoniaque... S&F7 vous fera voir du pays. Les panoramas sublimes s'enchaînent et chaque nouveau lieu est un régal à découvrir notamment grâce à une direction artistique très réussie. On y parle de mythologie, de divinités, de démons, de cultes. On y croise tout un tas d'ennemis variés, du soldat humain au monstre volant en passant par des esprits. L'ambiance, clairement empreinte de mythologie chinoise, offre un dépaysement ébouriffant qui donne au jeu une fraîcheur assez salvatrice. Une ambiance que des musiques aux sonorités typiquement asiatiques viendront renforcer d'une bien belle manière.

Le tout est porté par un scénario aussi prenant que riche avec son lot de retournements de situation, de trahisons, de complots et de moments épiques. La quête principale se suit avec plaisir, tout autant que les relations entre les personnages. D'ailleurs, le jeu étant chinois, on peut constater que la gestion des romances est très différente de celle des RPG occidentaux. Ici tout est plus pudique, plus subtil mais également plus touchant et cela apporte une petite touche de drama qui s'incorpore très bien et d'une manière plus naturelle que dans les derniers Bioware par exemple. Bien sûr, comme tout bon RPG qui se respecte, S&F7 propose également des quêtes annexes. Trouver un esprit caché, faire plaisir à une petite fille en lui faisant découvrir ce qu'est une glace, aider les habitants d'une région à se débarrasser de certains monstres. Les tâches sont variées et apportent juste ce qu'il faut de scénarisation pour que le joueur s'y intéresse. A noter, le soft propose aussi quelques mini-jeux dont un système de bataille de cartes assez sympathique.

Niveau durée de vie, il faut une bonne trentaine d'heures pour tout faire. Certains pourraient trouver ça court mais à une époque où trop de jeux ont tendance à proposer du remplissage pour retenir les joueurs au moins 80-100 heures, S&F7 a le mérite de proposer une aventure rythmée, variée et qui ne lasse jamais. Une véritable bouffée d'air pour ceux qui n'ont plus le temps ou l'envie de passer une centaine d'heures à écumer une map en faisant dix fois de suite la même chose. On en ressort avec la sensation d'avoir terminé un jeu complet, ni trop long, ni trop court. Pour un produit vendu 25 euros, inutile de préciser que l'on a vu bien pire.

On a aimé

On n’a pas aimé

Très joli visuellement
Une DA de haut vol
Bonne utilisation du ray tracing
Très dépaysant
Univers accrocheur
Gameplay fun et dynamique
Scénario riche
Très bon rythme
Durée de vie bien équilibrée
Des musiques réussies
Uniquement disponible en VO (chinois) ST (anglais)
Quelques petites coquilles dans la traduction
Config’ un min musclée requise pour en profiter


Here come a new challenger
Avant de jouer à Sword & Fairy 7, je ne connaissais absolument rien de cette saga. Après l'avoir terminé, je sais que je vais attendre le prochain opus avec impatience tant cette découverte fût une belle surprise. Vendu 25 euros, techniquement très solide, complet, doté d'un gameplay et d'un système de jeu des plus réussis, porté par un scénario prenant et une direction artistique de haut vol, la pépite de Softstar offre un dépaysement assez incroyable… Jusque dans ses musiques enivrantes aux sonorités typiquement asiatiques. Bref Sword & Fairy 7 est une bouffée d'air frais dans le domaine des gros RPG. Une alternative des plus attrayantes pour ceux qui en auraient un peu marre de la sempiternelle medieval fantasy habituelle remplie d'elfes, etc. Loin d'avoir à rougir face aux cadors du genre, Sword & Fairy 7 se pose clairement comme un nouveau concurrent solide aux grosses machines occidentales ou japonaises. Il a en plus le bon goût de proposer une durée de vie accessible pour le commun des mortels en se passant de tout remplissage artificiel. Finalement son seul gros défaut est l'absence d'une version française. Le jeu étant très verbeux, une très bonne maîtrise de l'anglais est indispensable pour en profiter. Ah ! Et il faut également une config' correcte pour y jouer dans de bonnes conditions. En gros : Ryzen 5/Core i5 6C, 16 Go de ram, SSD pour accélérer les chargements et une carte graphique un minimum musclée (RTX 2060 si vous voulez profiter un minimum du ray tracing, GTX1070/1660 Super si vous voulez jouer en 1080p sans grosses concessions).

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