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Xbox : une disparition précoce ?
Publié le 22.01.2017 à 14:32 par Number One

[centre]Lundi 9 janvier 2017. 21 heures. L'ensemble de la presse vidéoludique annonce l'annulation de Scalebound, exclusivité Microsoft dont la sortie était prévue cette année sur Xbox One et PC. Quelques heures plus tard, la firme de Redmond officialise cette annulation dans un bref communiqué sans en expliquer les raisons. Les joueurs se déchaînent, Microsoft est critiqué, moqué, conspué par ses propres fans. L'arrêt pur et simple du développement du titre de PlatinumGames ne passe pas. Dix mois presque jour pour jour après l'annulation de Fable Legends le 7 mars 2016, celle de Scalebound reste en travers de la gorge de très nombreux joueurs. Pour beaucoup, elle est la goutte d'eau qui vient faire déborder un vase déjà bien rempli. Entre ventes catastrophiques et exclusivités annulées, les critiques envers le constructeur américain sont de plus en plus virulentes. Alors que la PlayStation 4 de Sony cartonne et que Nintendo vient de dévoiler sa nouvelle console, la Switch, la Xbox peut-elle encore espérer remonter la pente ou risque-t-elle, dans les années à venir, de disparaître totalement du paysage vidéoludique ?



E3 2013, le début de la fin



Les atermoiements de Microsoft ne sont hélas pas nouveaux. Pour comprendre la situation actuelle, il est nécessaire de remonter aux origines de ce fiasco, précisément au 10 juin 2013 pendant le salon de l'E3 à Los Angeles. Ce jour-là, à 18 heures, le géant américain tient sa conférence habituelle et présente sa nouvelle console de salon, la Xbox One qui avait officiellement été annoncée le 21 mai. Devant une assistance médusée, Microsoft enchaîne les erreurs en expliquant, entre autres, qu'un accès Internet est requis pour utiliser la Xbox One et qu'une absence de connexion de plus de 24 heures la rendrait inutilisable. En outre, le constructeur annonce que les titres d’occasion ne pourraient être lus sur sa machine, attaquant frontalement un marché en pleine expansion. De plus, le périphérique Kinect, une caméra détectant les mouvements et voix des utilisateurs initialement développée pour la Xbox 360, se retrouve inclus obligatoirement dans les packs de lancement, faisant grimper le prix de la console à 500 €. Même la présentation de Battlefield 4, l'un des FPS les plus attendus de la fin d’année, ne se déroule pas comme prévu. Un « fail » qui n'est que le premier d'une longue, très longue série.



Microsoft ne le sait sans doute pas encore mais il vient d'ores et déjà de perdre la bataille censée l’'opposer à Sony. Cinq heures après cette conférence, le lundi 11 juin à 3 heures, le constructeur japonais attaque frontalement la Xbox One et rebondit aux annonces calamiteuses de son prétendu concurrent. Il propose ainsi l'inverse de Microsoft en n'obligeant pas les joueurs à se connecter à Internet pour utiliser la PlayStation 4, en ne posant aucune contrainte envers le marché de l'occasion et en n'intégrant pas la PlayStation Caméra dans les packs de lancement. Le tarif annoncé de la PlayStation 4, 400 € soit cent de moins que la Xbox One, vient clôturer une conférence épique.



Le géant américain se retrouve tellement humilié que l'annonce de Sony de rendre son PlayStation Network payant passe presque inaperçu et ne soulève que quelques légères critiques. Ces dernières se concentrent surtout sur la politique d'un Microsoft ridiculisé et qui ne s'en remettra jamais. Comment une entreprise de cette dimension peut-elle se tirer une balle dans le pied chez elle, devant son public ? Au travers d'annonces toutes plus aberrantes les unes que les autres, la firme de Redmond s'est sabordée elle-même, réduisant à néant les efforts considérables entrepris avec la Xbox 360. De nombreuses fonctionnalités disponibles sur cette dernière, comme par exemple la musique en arrière-plan, n'étaient pas disponibles au lancement de la Xbox One et il a fallu attendre trois ans pour que les demandes des joueurs soient enfin prises en compte. L'interface de la Xbox One, totalement inadaptée à une console de nouvelle génération, ne s'est améliorée qu’en 2015, Microsoft réagissant beaucoup trop tardivement sur ce point pourtant crucial. Aujourd'hui épurée et beaucoup plus lisible qu'à ses débuts, il est regrettable et navrant qu'elle n’ait pas été optimale dès son lancement.



Don Mattrick : "Si vous n'avez pas accès à Internet, restez sur Xbox 360 !"



Se rendant compte de ses erreurs monumentales et de sa communication affligeante, Microsoft fait marche arrière dès le 19 juin en annonçant le retrait des fonctionnalités présentées lors de l’E3. Le 1er juillet, Don Mattrick, patron de la branche Xbox tenu comme principal responsable de la débâcle de l'E3, quitte le groupe et est remplacé par Phil Spencer, qui officiait déjà au sein de l'entreprise et était lui aussi présent à l'E3. La sortie de la Xbox One le 22 novembre en Amérique du Nord et en Europe n'est pourtant pas un fiasco. Du moins, pas encore. Bien qu'un écart se creuse d'emblée avec la PlayStation 4, les premières ventes de la nouvelle Xbox sont relativement correctes. En un peu plus d'un mois, elle réussit à s'écouler à 3 millions d'exemplaires tandis que la machine de Sony frôle les 4,5 millions de ventes selon le site VGChartz. Néanmoins, la volonté de Microsoft de conserver le leadership sur le marché des consoles de salon est mis à mal. Jamais il ne parvient à rattraper son éternel rival. Pire, le marché américain, historiquement acquis à Microsoft, bascule en faveur de Sony. L'écart se creuse ainsi chaque année, même si la sortie d’une Xbox One sans Kinect au prix de 400 € en juin 2014 permet de limiter les dégâts. À la fin de l'année 2014, 8 millions de ventes séparent alors les deux géants.



Cette différence s'accroît au fur et à mesure jusqu'en décembre 2016 où Microsoft et ses 25 millions de ventes se retrouvent nettement distancés par Sony et ses 53 millions de PlayStation 4 vendues selon les chiffres de VGChartz. Le 19 janvier 2017, Superdata annonce que la Xbox One s'est écoulée à 26 millions d'unités, soit un million de ventes sur la deuxième quinzaine de décembre 2016 et la première de janvier 2017. Une très légère hausse lors de la période de Noël et des fêtes de fin d'année mais un gouffre néanmoins impossible à combler. Microsoft avait bien tenté de rattraper le coup un an auparavant en annonçant la rétrocompatibilité des jeux Xbox 360 sur Xbox One puis en sortant une nouvelle version de sa console, la One S en août 2016, mais le mal était fait depuis longtemps.



Des jeux exclusifs ? Quels jeux exclusifs ?



La première erreur de Microsoft est logiquement commise lors de l'E3 2013. En présentant la Xbox One comme une machine de divertissement, la qualifiant d'ailleurs de « all-in-one » et en axant sa communication sur les possibilités offertes, notamment le fait de regarder du sport, et non sur les jeux en eux-mêmes, Microsoft oublie le rôle principal d'une console de jeux vidéo : les jeux. Sony ne tombe pas dans le piège, présentant sa PlayStation 4 comme une machine dédiée quasi-exclusivement aux jeux vidéo. À ce titre, l'impact des slogans joue clairement en faveur du géant japonais. En choisissant un slogan court et percutant tel que « Greatness Awaits » avant d'opter pour « This is for the players », Sony marque les esprits tandis que Microsoft se contente d'un plat et laconique « Si vous aimez les jeux, c'est celle qu'il vous faut », le paradoxe étant d'inclure le mot « jeu » dans son slogan alors que sa conférence n'était clairement pas axée sur ce point. Outre cette première erreur de communication et un line up décevant, marqué par l'échec des exclusivités Dead Rising 3, Forza Motorport 5 et Ryse : Son of Rome, Microsoft n'est jamais parvenu à trouver le blockbuster à même de faire vendre sa Xbox One, malgré les récents succès de Halo 5 : Guardians et Forza Horizon 3.



De plus, depuis la mise en place du programme Xbox Play Anywhere le 13 septembre 2016 induisant la sortie des exclusivités Microsoft à la fois sur PC et Xbox One, cette dernière ne possède plus un seul jeu totalement exclusif. Les joueurs PC qui auraient auparavant songé à investir dans une Xbox One pour jouer aux titres exclusifs à cette dernière peuvent aujourd'hui les retrouver directement sur leur ordinateur. Microsoft fait sa promotion en indiquant que les joueurs peuvent dorénavant commencer une partie sur un support et la terminer sur l'autre. Certains défendent ce concept, le jugeant honnête en permettant notamment aux joueurs PC de profiter désormais d'un catalogue de jeux plus étoffé. C'est vrai. Ceci dit, ce programme constitue un frein supplémentaire dans la volonté de Microsoft de rattraper Sony sur le marché des consoles de salon. Non seulement les joueurs PC n'ont plus besoin d’acheter une Xbox One pour jouer aux titres exclusifs qu'ils convoitaient mais en plus, certains joueurs Xbox revendent leur console pour jouer dès à présent sur PC. À l'inverse de Sony qui, hormis quelques exceptions comme No Man's Sky ou Street Fighter V également disponibles sur PC, ne possède que des exclusivités PlayStation 4 qui ne verront jamais le jour sur un autre support. Certes, quelques titres sont bien sortis sur PlayStation 3 ou Vita mais restent dans l'écosystème Sony et demeurent des exclusivités à part entière du constructeur japonais. Contrairement aux joueurs sur Xbox One, ceux sur PS4 n'ont donc aucun intérêt à revendre leur console.



La sortie de la Xbox One S en août 2016 ne change pas la donne. Microsoft possède toutefois quelques exclusivités de qualité à même de promouvoir la console comme Forza Horizon 3, Gears of War 4 ou Halo 5 : Guardians. Et c'est tout. C'est là le cœur du problème, l'un des principaux reproches faits à Microsoft, à savoir tout miser sur le même trio. Or, bien que les jeux s'avèrent globalement réussis, les joueurs sont lassés de toujours jouer aux mêmes titres. Hormis la série des Forza, les ventes des deux autres licences cultes de Xbox sont d'ailleurs relativement décevantes. Pour le reste, il s'agit essentiellement de suites sans saveur. Ainsi, les deux opus de Dead Rising sortis sur la console de Microsoft s'avèrent être des jeux moyens et très répétitifs. Les nouvelles licences promises sont peu nombreuses et de piètre qualité, Ryse : Son of Rome, bien que visuellement abouti, étant une énorme déception tout comme Recore, qui avait pourtant beaucoup de potentiel mais est sorti bien trop tôt et se révèle au final un jeu rempli de bugs à tel point qu'il était presque injouable sans patch.



Et que dire de Quantum Break ? Avec un concept original mêlant jeu et série télévisée où les choix des joueurs devaient influer sur le scénario, le jeu de Remedy Entertainment, développeurs du très bon Alan Wake sur Xbox 360, était attendu de pied ferme. Lui aussi a fortement déçu. Comme Recore, il n'est malheureusement pas exempt de bugs. Quant à State of Decay, sorti dans un premier temps sur Xbox 360 et porté ensuite sur Xbox One, il s'agit d'un titre moyen, répétitif et qui ne s'est jamais imposé. Les ventes n'ont pas été au rendez-vous mais une suite est néanmoins prévue pour cette année. Seule nouvelle licence ayant réussi à se faire un nom sur Xbox One, Sunset Overdrive. Sorti en octobre 2014, le jeu d'action déjanté d'Insomniac Games a séduit la presse et les joueurs. Ori and the Blind Forest a également été une réussite mais le style plates-formes n'est clairement plus en vogue aujourd'hui. Dommage cependant que d'autres titres ne suivent pas la voie de ces deux jeux.



Pour 2017, Microsoft ne mise ainsi que sur quatre triple A. Phil Spencer l'a annoncé lui-même, aucun opus de Gears of War ou Halo version FPS ne sortira cette année. La firme de Redmond mise principalement sur Sea of Thieves, développé par Rare, un titre orienté multijoueur aux graphismes cartoon prenant place dans l'univers de la piraterie. Halo Wars 2, State of Decay 2 et peut-être Crackdown 3 accompagneront Sea of Thieves. Quant à Cuphead, il pourrait s'avérer être une bonne surprise. Mais tous ces titres ne pourront concurrencer les nombreux blockbusters prévus par Sony cette année. Le constructeur japonais annonce ainsi la sortie de sept triple A exclusifs, dont le très attendu Horizon : Zero Dawn. Gran Turismo Sport, Gravity Rush 2, NieR Automata, Nioh, Persona 5 et Uncharted : The Lost Legacy complètent cette liste sans oublier les autres nombreuses exclusivités parmi lesquelles 14 JRPG avec en tête d'affiche le remaster de Final Fantasy VII. Le très attendu God of War, les prometteurs Day’s Gone, Detroit : Become Human, Shenmue III et Spider-Man devraient, quant à eux, voir le jour en 2018, preuve que Sony dispose déjà d'une panoplie conséquente de jeux sur les prochaines années. Il n'est néanmoins pas exclu qu'un ou plusieurs de ces titres voient finalement le jour en 2017 et que Sony se retrouve avec une dizaine de triple A en une seule année.



Sony, leader incontesté



De surcroît, le nombre et la qualité des exclusivités s'avère largement en faveur de Sony sur cette génération de consoles. Un titre tel qu'Uncharted 4 : A Thief’s End n’a aujourd’hui aucun équivalent sur Xbox One. Même l'exclusivité temporaire Rise of the Tomb Raider, bien qu'étant un jeu de qualité, reste en cran en-dessous du chef-d'œuvre de Naughty Dog. Le studio le plus talentueux au monde, encensé par la presse, les joueurs ainsi que les autres développeurs dont Cliff Bleszincki, concepteur de Gears of War, ne devrait encore une fois pas décevoir avec la suite très attendue de The Last of Us, l'un des jeux de l'année 2013. Autre licence phare qui fera prochainement son retour au premier plan, God of War. Les développeurs de Sony Santa Monica Studio ont ainsi procédé à un reboot complet de la saga, plaçant désormais l'aventure de Kratos au cœur de la mythologie nordique. Nommé God of War et non pourvu du chiffre 4 comme beaucoup l'écrivent pourtant à tort, ce nouvel opus est fortement attendu. D'autres séries exclusives telles que InFamous, LittleBigPlanet, Killzone et Yakuza ont vu leurs suites débarquer su la machine de Sony sans oublier le RPG Disgaea 5 ou le jeu de combat Guilty Gear Xrd Revelator. Tous ces titres ont reçu un franc succès tant critique que commercial.



La force de Sony réside également dans la volonté de proposer sans cesse de nouvelles licences. Le constructeur japonais ose prendre des risques et cette stratégie paie. Bloodborne, The Last Guardian, The Order : 1886, Until Dawn… ces quatre nouvelles licences ont toutes connues le succès escompté. Au final, seules DriveClub et Knack se sont révélées décevantes, bien qu'une suite pour ce dernier soit à l'ordre du jour. Il est également à noter que la PlayStation 4 dispose d’une exclusivité temporaire d'un mois sur les contenus téléchargeables des différents opus de Call of Duty alors même que c'était la Xbox 360 qui possédait cet avantage sur la précédente génération de consoles. Cette « perte » pourrait sembler anecdotique mais est révélatrice de l'inversement des courbes des deux géants et de la puissance dégagée par Sony, aujourd'hui leader incontesté.



C'est un fait, Sony a toujours un coup d'avance sur son concurrent depuis quelques années. Alors que Microsoft tergiverse sur la question de la réalité virtuelle, le géant japonais a d'ores et déjà commercialisé son casque VR. Vendu 400 €, le PlayStation VR ne dispose pas encore de jeux inoubliables à même de justifier son achat mais les expériences proposées sont intenses, agréables et apportent surtout une nouvelle façon de jouer. De plus, le prix proposé se révèle attractif et le place en entée de gamme sur le marché de la réalité virtuelle. Microsoft avait, dans un premier temps, émis des réserves sur la réalité virtuelle et privilégiait une autre technologie, la réalité augmentée avec la production du casque HoloLens. Présenté lors de l'E3 2015 sur une version compatible de Minecraft, le casque se destine aux développeurs. Et a un coût, 3 300 €. Une version dédiée aux entreprises, nommée « Commercial Suite », existe même et est facturée 5 490 €. Conscient de son retard, Microsoft fait une nouvelle fois marche arrière et se décide finalement à investir dans un casque de réalité virtuelle. Présenté officiellement le 26 octobre dernier, ce casque entend directement concurrencer le PlayStation VR de Sony avec un premier prix annoncé de 300 €, soit cent euros de moins que celui de son rival. À l'heure actuelle, peu d'informations ont filtré sur le produit mais les premières rumeurs évoquent une sortie au printemps 2017.



Pour combler ses diverses lacunes, Microsoft avait choisi de se lancer dans la commercialisation d'exclusivités temporaires. Une décision aberrante mise en place pour contrer le faible nombre d'exclusivités de qualité sorties sur Xbox One et qui n'a pas porté ses fruits. Ainsi, Rise of the Tomb Raider, sorti en novembre 2015, a été une exclusivité temporaire avant de sortir dans une version complète un an plus tard sur PlayStation 4. En attendant quelques mois supplémentaires, les joueurs de Sony ont ainsi eu accès au jeu et à l'ensemble de ses contenus téléchargeables alors que les utilisateurs de Xbox One ont dû repasser à la caisse afin d'acheter le season pass. Dans une moindre mesure, Inside n'a été exclusif à Microsoft qu'un seul mois avant de débarquer sur la console de Sony. Quant à Titanfall, Microsoft n'est pas parvenu à garder la main sur la série de FPS de Respwan Entertainment, seul le premier opus étant exclusif à la Xbox One.



Phil Spencer : "Scalebound est un jeu unique pour nous !"



À cela s'ajoute l'annulation de plusieurs jeux très attendus comme Fable Legends et Scalebound sans oublier Phantom Dust, initialement prévu en 2014 puis annulé et qui pourrait finalement voir le jour cette année. Quant à Crackdown 3, le titre devrait connaître un destin similaire même si Phil Spencer se déclarait récemment enthousiaste à son sujet. Des propos à prendre avec prudence, Phil Spencer lui-même s'étant montré optimiste et confiant par le passé avec Scalebound, tweetant à plusieurs reprises son attachement au projet et le présentant même lors de divers salons, dont plusieurs phases de gameplay dévoilées lors de la GamesCom 2016 à Cologne, avant de l'annuler. Le cas d'ADR1FT est aussi sujet à beaucoup d'interrogations. Prévu sur PC, PlayStation 4 et Xbox One, le titre spatial a été annulé sur la console de Microsoft sans explications. Des décisions incompréhensibles, d'autant plus qu'un "jeu" comme l'infâme Horse Racing 2016, sorti le 21 octobre dernier exclusivement sur Xbox One, a été autorisé à être commercialisé. Il est également à noter que l'exclusivité Project Spark a vu le jour avant d'être retirée purement et simplement du Windows Store quelques mois plus tard. Outre l'annulation de certaines exclusivités, c'est le manque de communication qui interpelle. Au lieu d'expliquer les raisons ayant conduit aux arrêts des développements de Fable Legends et Scalebound, Microsoft se contente de publier de brefs communiqués sans répondre aux interrogations et mécontentements légitimes des utilisateurs. Une simple explication aurait pourtant aidé les joueurs à mieux digérer ces annonces. Microsoft a choisi de ne pas communiquer. Une erreur. Une de plus.



Comme un aveu d'échec, Microsoft a longtemps sorti ses exclusivités simultanément sur Xbox 360 et Xbox One. Rise of the Tomb Raider, pourtant paru en novembre 2015, a ainsi vu le jour sur les deux supports alors que Sony a délibérément abandonner sa PlayStation 3. Ce soutien de Microsoft envers la Xbox 360 pourrait être perçu comme un élément positif, la firme n'abandonnant pas sa console fétiche mais il résulte surtout d'un constat d’impuissance et une incapacité croissante à vendre ses exclusivités sur Xbox One. La firme de Redmond se retranche ainsi derrière le succès incontestable que fut sa précédente console, la Xbox 360, sachant pertinemment que le parc imposant de machines à travers le monde lui assurait encore quelques belles ventes.



Certes, la Xbox One a des points positifs et il serait malhonnête de ne pas les mentionner. L'interface de la console, catastrophique et inadaptée à sa sortie, a considérablement été améliorée au fur et à mesure, le Xbox Live est dans l'ensemble plutôt stable, l'application EA Access est une très bonne affaire en permettant de jouer à la très grande majorité des jeux EA pour une bouchée de pain et les Games with Gold sont globalement de qualité depuis fin 2015 … mais tout cela reste très nettement insuffisant.



"Project Scorpio", la dernière chance



Pour remédier à ces nombreux problèmes, Microsoft veut sortir la console la plus puissante jamais créée. Nom de code : "Project Scorpio". Avec une puissance de 6 téraflops et 8 processeurs cœurs, la Scorpio promet d'afficher les jeux en 4K natif. Pour l'heure, la machine n'a jamais été montrée et il reste de nombreuses inconnues. Permettra-t-elle réellement d'afficher du 4K natif ? Le doute subsiste. Mark Cerny, architecte de la PlayStation 4 et de la Pro, estime qu'une puissance de 8 téraflops serait nécessaire pour que ce soit le cas. Or, la Xbox Scorpio n'en proposera que 6. Et quel sera son prix ? Elle devrait logiquement être plus chère que la PlayStation 4 Pro et ses 4,2 téraflops, vendue 400 €. Il paraît inconcevable que Microsoft la propose au-delà des 600 €, un prix déjà important pour les joueurs auquel il faudra évidemment ajouter le tarif d'une télévision 4K. Si une offre de reprise permettant de vendre sa Xbox One pour acquérir la Scorpio à un prix moins élevé sera pratiqué, Microsoft a également répété à plusieurs reprises que les jeux disponibles sur Scorpio le seront également sur Xbox One. La firme de Redmond n'a donc aucune intention d'abandonner la Xbox One, du moins pas sur le court terme et au vu des déboires de sa machine depuis quatre ans, elle n'a aucun intérêt à le faire. Autre interrogation : la console est-elle pensée pour la réalité virtuelle ? Si oui, avec quel casque ? Là encore, le prototype présenté par la firme, au tarif de 300 €, n'a pas vocation à faire tourner les derniers blockbusters et il ne serait pas étonnant que Microsoft annonce un casque VR plus puissant et plus cher mais adapté à son fameux "Project Scorpio".



En attendant, la console la plus puissante reste aujourd'hui la PlayStation 4 Pro de Sony sur laquelle le rendu s'avère très proche d’un 4K natif sans en être toutefois un. À titre comparatif, la Xbox One S ne permet que d'upscaler les jeux, c'est-à-dire d’étirer une image Full HD vers la résolution 4K. En toute logique, la Xbox Scorpio sera nettement supérieure à la PlayStation 4 Pro. Proposer la console la plus puissante au monde, c’est bien. La proposer avec des jeux, c'est mieux. Forza Horizon 3 et Gears of War 4 étant sortis l'an dernier, quelles exclusivités pourraient dès lors faire partie du line up de la console, prévue pour Noël 2017 ? Bien qu'il ne soit pas encore officialisé par Microsoft, Forza MotorSport 7 devrait selon toute vraisemblance sortir en fin d'année et figurer ainsi dans la liste des jeux de lancement. L'identité des titres pouvant l’accompagner est aujourd'hui inconnue. Si les exclusivités de 2016 et celles, plus rares, de 2017 auront certainement droit à un patch leur assurant de tourner sur Scorpio, voire à une refonte complète du jeu, le lancement de cette dernière sera décisif pour Microsoft.

Si la firme de Redmond n'a rien à proposer de concret, l'avenir s'assombrira très fortement. Et si jamais l'E3 2017, lors duquel sera très probablement présenté la Xbox Scorpio, venait à mal se dérouler et que le lancement de celle-ci n'était pas conforme aux attentes du public, le doute sur l'avenir de Xbox se poserait. Elle, qui a fêté ses quinze ans le 15 novembre 2016, pourrait disparaître du paysage vidéoludique dans les années à venir. Une situation que personne ne souhaite, Sony monopoliserait alors un marché totalement chamboulé tandis que Nintendo ne boxe pas dans la même catégorie. Néanmoins, le risque existe et il est bien réel. Les consoles ne fonctionnant désormais plus par cycles générationnels comme c'était auparavant le cas, le retard pris aujourd'hui ne pourra jamais être rattrapé. Avec la Scorpio, Microsoft a cependant les moyens de repartir sur une nouvelle dynamique. La Xbox a épuisé presque toutes ses munitions. Il lui reste une balle. À elle d’en faire bon usage. [/centre]







 
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